Bernard Arnault à l’ambassade américaine : «Tout le monde sait que je suis Français, mais à l’intérieur de moi, je suis américain»
Bernard Arnault à l’ambassade américaine : «Tout le monde sait que je suis Français, mais à l’intérieur de moi, je suis américain»

«Tout le monde sait que je suis Français, mais à l’intérieur de moi, je suis américain.» La phrase est signée Bernard Arnault. Elle a été prononcée à l’ambassade des États-Unis à Paris, devant Charles Kushner, ambassadeur américain en France, lors de la réception organisée pour célébrer les 250 ans de l’indépendance américaine.

Le patron de LVMH a formulé une déclaration personnelle et sans filtre. Français par son identité, par son groupe, par les maisons qu’il dirige et par l’image de l’excellence française qu’il vend dans le monde, Bernard Arnault a revendiqué une part américaine intime et assumée.

La scène s’est déroulée devant un parterre de VIP triés sur le volet, réunis dans le cadre des célébrations du 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance des États-Unis. Dans ce décor diplomatique, la formule du premier actionnaire de LVMH a concentré en quelques mots une réalité économique ancienne : Bernard Arnault a construit un empire français dont les États-Unis sont l’un des piliers.

Omar Harfouch et Rabih Chaer, ambassadeur du Liban en France

Charles Kushner au centre de la réception

La réception organisée à l’ambassade américaine avait un cadre officiel : célébrer l’indépendance des États-Unis, 250 ans après 1776. Mais elle avait aussi une portée économique évidente. Charles Kushner recevait à Paris une partie du monde des affaires français. Le rendez-vous plaçait dans la même pièce diplomatie américaine, grands groupes français, réseaux d’influence et dirigeants économiques exposés au marché américain.

La présence de Bernard Arnault n’avait rien d’anecdotique. LVMH est le premier groupe mondial du luxe. Ses marques, Louis Vuitton, Dior, Tiffany, Moët & Chandon, Hennessy, Sephora, Bulgari et plusieurs dizaines d’autres, occupent une place centrale dans la consommation haut de gamme aux États-Unis. Pour le groupe, l’Amérique n’est pas une destination secondaire. C’est un marché stratégique, un relais d’image et un territoire d’investissement. La phrase adressée à Charles Kushner prend donc une dimension particulière, et exprime une proximité réelle avec le modèle américain, avec ses codes, son marché, sa puissance commerciale et son rapport direct à la réussite.

L’Amérique, pilier de LVMH

Pour rappel, Bernard Arnault a souvent présenté les États-Unis comme un territoire essentiel pour LVMH. Le groupe y vend, y investit et y expose ses marques au contact d’une clientèle à très fort pouvoir d’achat.

En 2025, LVMH a réalisé 80,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Le groupe dispose de plus de 6 280 magasins à travers le monde. Les États-Unis restent l’un des marchés les plus importants de cet ensemble. Ils comptent dans les ventes, mais aussi dans la stratégie de développement et dans l’image internationale des maisons du groupe.

Le groupe, implanté sur place, a développé des ateliers Louis Vuitton en Californie et au Texas. Il possède aussi Tiffany, l’une des marques américaines les plus emblématiques du luxe, acquise en 2021. À travers cette acquisition, Bernard Arnault a intégré dans son empire une maison directement liée à l’histoire culturelle et commerciale des États-Unis.

Un patron français au cœur du lien transatlantique

Les relations économiques entre l’Europe et les États-Unis restent marquées par les tensions commerciales, les politiques industrielles concurrentes et les débats sur les droits de douane. Pour les grands groupes français exposés au marché américain, Washington reste un interlocuteur décisif. Bernard Arnault fait partie de ces dirigeants qui ne peuvent pas regarder les États-Unis de loin. LVMH y dépend d’une clientèle, d’un réseau de distribution, d’un environnement fiscal, d’une réglementation et d’une image de marque. Le patron du luxe français connaît le poids de l’Amérique dans ses comptes comme dans son influence. Sa phrase à Charles Kushner démontre une relation de long terme. Elle dit l’attachement d’un industriel français à un pays qui a largement contribué à la puissance mondiale de son groupe.

Souvent injustement critiqué en France, Bernard Arnault sait qu’aux États-Unis, la réussite, l’entreprenariat et la création d’emplois sont bien vus et non des sujets tabous. En France, la réussite est souvent jalousée et critiquée. Aux États-Unis, elle est applaudie. Et en cela, on peut aisément comprendre que Bernard Arnault se sente américain à l’intérieur…

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