Bénéfices en chute libre chez TotalEnergies : la faute aux marchés pétroliers
Bénéfices en chute libre chez TotalEnergies : la faute aux marchés pétroliers

Le géant français des hydrocarbures TotalEnergies a vu ses bénéfices reculer de 29 % au deuxième trimestre 2025. Le groupe a tout de même engrangé 2,7 milliards de dollars, mais la comparaison avec les 3,8 milliards réalisés à la même période l’an dernier laisse apparaître un net tassement. En cause : la dégringolade des cours du pétrole et du gaz, qui a directement impacté sa branche « exploration-production ». Le chiffre d’affaires trimestriel a ainsi chuté de 7,6 % sur un an, pour atteindre 49,6 milliards de dollars. Après une année 2024 record – plus de 15 milliards d’euros de bénéfices, plaçant TotalEnergies au sommet du CAC40 – l’exercice en cours s’annonce bien plus fragile. La faiblesse persistante des prix du baril n’a laissé que peu d’amortisseurs à la multinationale.

Un contexte mondial défavorable et une offre trop abondante

Sur les marchés, le pétrole a vu son prix moyen passer de 85 dollars à 67,9 dollars le baril entre les deux trimestres comparés. L’initiative de l’Opep+ d’augmenter la production pour stimuler une demande poussive n’a pas eu l’effet escompté, si ce n’est celui d’inonder le marché et de faire baisser les prix. S’ajoutent à cela les incertitudes liées à la conjoncture mondiale, aux tensions croissantes au Moyen-Orient et à la politique commerciale agressive de Donald Trump, qui a multiplié les hausses de droits de douane, contribuant à ralentir les échanges. Pour limiter la casse, TotalEnergies a choisi d’augmenter sa propre production, en hausse de 3 % sur un an. Une stratégie de volume censée compenser la chute des prix, mais qui n’a pas suffi à maintenir les niveaux de marge précédents.

Transition énergétique et pari sur les renouvelables

L’entreprise, régulièrement pointée du doigt pour son empreinte carbone, tente de verdir son image. Elle continue d’investir dans les énergies renouvelables, notamment l’éolien et le solaire. Sa production d’électricité a bondi de 20 % sur un an, atteignant 23 TWh au premier semestre, dont 70 % issus des renouvelables. Les 30 % restants proviennent d’actifs dits « flexibles » comme les centrales à gaz. Le message est clair : malgré la volatilité des marchés fossiles, TotalEnergies entend accélérer sa diversification. Mais cette stratégie ne compense pas encore les pertes générées par l’effondrement des hydrocarbures. Pour l’instant, la trésorerie reste confortable. Reste à voir combien de temps cela suffira face à une demande qui patine et une planète qui, elle, s’échauffe.

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