Le gouvernement espagnol a franchi un cap dans son bras de fer avec les plateformes de location de courte durée. Airbnb a été sanctionné d’une amende définitive de plus de 64 millions d’euros pour avoir diffusé des annonces de logements interdits, en pleine crise du logement. Les autorités reprochent à la plateforme américaine de ne pas avoir respecté la réglementation locale, malgré des avertissements répétés, et exigent désormais la suppression immédiate des contenus jugés illégaux.
Le logement au cœur d’une colère sociale
Cette sanction intervient dans un contexte de forte tension immobilière, particulièrement dans les grandes villes et zones touristiques. En Espagne, la multiplication des locations de courte durée est accusée de raréfier l’offre de logements pour les résidents et d’alimenter une flambée des loyers. Le ministre de la Consommation a dénoncé un modèle économique qui, selon lui, profite à une minorité au détriment de milliers de familles confrontées à la précarité résidentielle, rappelant que aucune entreprise n’échappe à l’application de la loi.
Alors que le pays a accueilli un nombre record de touristes ces dernières années, les pouvoirs publics cherchent à rééquilibrer un secteur devenu explosif. Plusieurs municipalités ont déjà pris des mesures restrictives, à l’image de Barcelone, qui prévoit de ne pas renouveler des milliers de licences de logements touristiques d’ici 2028. L’amende infligée à Airbnb marque ainsi un signal politique fort, traduisant la volonté de l’État espagnol de reprendre la main sur un marché accusé de transformer durablement les centres urbains et d’aggraver la crise du logement.