Le gouvernement japonais s’apprête à lancer un ambitieux plan de relance économique axé sur la stimulation de l’investissement dans 17 secteurs clés, dont l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, l’aérospatiale et la défense, selon le quotidien économique Nikkei. Ce plan, qui inclura des réductions d’impôts et des allocations budgétaires pluriannuelles, vise à redynamiser la base industrielle du pays et à renforcer la compétitivité de la quatrième économie mondiale.
La Première ministre Sanae Takaichi doit présenter les grandes lignes de cette stratégie lundi lors d’une réunion du nouveau quartier général de la stratégie économique, un organe chargé de piloter les politiques de croissance et d’investissement. Il s’agira de la première initiative économique majeure de la cheffe du gouvernement depuis son entrée en fonction le mois dernier. Connue pour son soutien à une politique budgétaire expansionniste, Takaichi cherche à relancer la croissance face au ralentissement économique mondial et à la pression inflationniste qui pèse sur les ménages japonais.
Selon les informations du Nikkei, le plan dépassera probablement les 92 milliards de dollars du précédent programme de relance et reposera sur trois piliers : la lutte contre l’inflation, le soutien à l’investissement dans les industries d’avenir et le renforcement de la sécurité nationale. Le gouvernement envisagerait également un nouveau régime fiscal permettant aux entreprises de déduire une partie de leurs investissements en capital — notamment pour l’achat de machines ou la construction d’usines — de leurs impôts sur les sociétés.
Ce dispositif représenterait un changement de cap par rapport aux politiques antérieures, jusque-là centrées sur le soutien aux petites entreprises. Désormais, toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, pourraient bénéficier de ces incitations fiscales. L’objectif affiché est de rendre la politique économique plus prévisible et de renforcer la capacité du Japon à attirer les investissements privés dans des secteurs jugés stratégiques pour sa souveraineté technologique et industrielle.
Le gouvernement n’a pas encore précisé les modalités de financement de ce plan, mais des sources proches du dossier indiquent qu’il pourrait s’appuyer sur une combinaison de dépenses publiques et de partenariats avec le secteur privé. Cette initiative intervient alors que le Japon cherche à réduire sa dépendance aux importations technologiques et à se positionner comme un acteur majeur dans la production mondiale de semi-conducteurs et de technologies émergentes.