Bruxelles envisage d’assouplir la fin des voitures thermiques en Europe @pexels
Bruxelles envisage d’assouplir la fin des voitures thermiques en Europe @pexels

Alors que l’Europe avait acté en 2023 la disparition des voitures thermiques neuves d’ici 2035, les discussions s’annoncent à nouveau vives à Bruxelles. Sous la pression conjuguée des industriels et de plusieurs États membres, la Commission européenne s’apprête à rouvrir le dossier. L’objectif affiché reste inchangé, mais la méthode pourrait évoluer. L’industrie automobile, encore loin d’être prête à basculer entièrement vers l’électrique, réclame un peu plus d’air.

Une transition qui cale sur la ligne d’arrivée

Depuis deux ans, les constructeurs européens alertent sur une équation devenue intenable. Malgré les ambitions du Pacte vert européen et la promesse d’une neutralité carbone en 2050, la réalité du terrain les rattrape. Les ventes de voitures électriques stagnent autour de 15 % des nouvelles immatriculations, bien loin de la trajectoire attendue. Les coûts de production, la dépendance asiatique pour les batteries, la lenteur du déploiement des bornes de recharge et la faiblesse du pouvoir d’achat menacent tout l’édifice. L’Allemagne, la France et l’Italie, dont les filières automobiles font vivre des centaines de milliers d’emplois, redoutent une casse industrielle majeure. Les syndicats s’inquiètent d’une perte de compétitivité, tandis que les gouvernements réclament un report partiel du calendrier. Les constructeurs, eux, plaident pour la prise en compte de carburants alternatifs comme l’hydrogène, les biocarburants ou le e-fuel, ainsi que pour la prolongation temporaire des hybrides rechargeables.

Décembre, mois clé pour un virage politique

Sous la houlette du commissaire Stéphane Séjourné, la Commission européenne prépare une série d’ajustements qui seront dévoilés le 10 décembre. Il ne s’agirait pas d’un abandon pur et simple de la date de 2035, mais d’un ensemble de mesures de flexibilité. Parmi elles : une clause de revoyure anticipée, initialement prévue pour 2026, des crédits carbone attribués aux constructeurs les plus vertueux et un soutien accru à la production locale de batteries et de technologies propres. Ces propositions visent à éviter un blocage frontal entre les partisans de la rigueur écologique et les défenseurs de la compétitivité industrielle. Car derrière les débats techniques se joue un enjeu politique majeur : celui de l’acceptabilité sociale d’une transition automobile qui bouleverse les habitudes et les budgets des Européens. Le consommateur sera au premier rang de ces mutations. Entre hausse des prix, incertitudes sur les aides publiques et manque d’infrastructures de recharge, l’automobiliste européen devra composer avec un marché en recomposition permanente. Si Bruxelles confirme en décembre l’assouplissement des règles, la fin du thermique en 2035 pourrait bien devenir moins une échéance qu’un horizon modulable, ajusté au rythme des réalités économiques et technologiques du continent.

Que retenir rapidement ?

Alors que l’Europe avait acté en 2023 la disparition des voitures thermiques neuves d’ici 2035, les discussions s’annoncent à nouveau vives à Bruxelles. So

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