La gendarmerie a mis fin à un vaste réseau criminel qui sévissait depuis des mois dans l’Orne et l’Eure-et-Loir, ciblant mini-pelles, utilitaires et camions plateaux comme d’autres s’attaqueraient à des coffres-forts. Plus d’1,5 million d’euros de préjudice ont été recensés depuis le début de l’année 2025, une série de vols méthodiques qui a rapidement alerté les enquêteurs. Face à l’ampleur des disparitions, une cellule nationale d’enquête a été déclenchée, appuyée par l’Office central de lutte contre la délinquance. Très vite, les gendarmes comprennent qu’ils n’ont pas affaire à de simples opportunistes, mais à une équipe chevronnée opérant en bande organisée.
Un mode opératoire calibré et un coup de filet spectaculaire
Les enquêteurs découvrent une mécanique parfaitement huilée : les suspects circulaient en convoi, mêlant voitures personnelles et véhicules volés, choisissaient leurs cibles en amont, frappaient de nuit, puis écoulaient les engins dérobés dans une filière de recel bien établie. Plus de vingt expéditions nocturnes ont ainsi été recensées. Après des mois d’écoutes, de filatures et de surveillances discrètes, l’opération judiciaire est lancée le 1er décembre. En quelques heures, neuf suspects sont interpellés, un dixième se rend de lui-même. Les perquisitions révèlent l’ampleur des profits : trois mini-pelles, dix véhicules, une arme de poing, des bijoux, des terrains et 35 000 euros en liquide, pour un total saisi frôlant les 380 000 euros.
Les suspects devant la justice en janvier
Ce vendredi, six des mis en cause ont été déférés et placés en détention provisoire dans l’attente de leur procès, prévu le 30 janvier 2026 à Chartres. Deux autres seront jugés libres, tandis qu’un dernier est déjà incarcéré pour une autre affaire. Pour les gendarmes, ce démantèlement met fin à un réseau criminel structuré qui, durant près d’un an, a frappé avec une précision industrielle. Et il rappelle, dans un secteur rarement médiatisé, que les engins de chantier sont devenus une manne prisée par des groupes organisés capables d’opérer en toute discrétion… jusqu’à ce que la justice leur coupe les moteurs.