À Roissy, les habitants espèrent retrouver un peu de silence, sans pour autant freiner l’activité économique. Le Groupe ADP, gestionnaire de l’aéroport Charles-de-Gaulle, a présenté jeudi les conclusions de la concertation menée entre avril et juillet avec élus, associations, entreprises et riverains. Plus de 20 000 contributions ont été recueillies autour des projets de développement du site à l’horizon 2035 et 2050. Deux préoccupations majeures se dégagent : les nuisances sonores et l’emploi.
Moins de bruit, plus de travail
La direction d’ADP, détenue majoritairement par l’État, assure vouloir répondre à ces attentes tout en adaptant l’aéroport à une croissance du trafic estimée entre 1 et 1,5 % par an. Une progression jugée « modérée » mais qui pourrait faire grimper le nombre de passagers à 105 millions en 2050 (contre 70 millions en 2024). Après l’abandon du projet de Terminal 4, la nouvelle stratégie se veut « plus progressive et plus sobre ». L’objectif affiché est ambitieux : réduire de 30 % la population exposée à une forte gêne sonore d’ici à 2035, et de 54 % à l’horizon 2050, en comparaison avec 2019. De nuit, alors que la plateforme n’est pas soumise à couvre-feu, ADP vise une baisse de 32 % des riverains affectés par les perturbations de sommeil d’ici dix ans, et de 63 % en 2050. Pour y parvenir, le groupe prévoit de renforcer la modulation des redevances afin de pénaliser les avions les plus bruyants, tout en travaillant avec la Direction générale de l’aviation civile sur l’optimisation des trajectoires de vol.
Des promesses d’emplois et d’insertion locale
Côté emploi, ADP table sur la création de 10 000 postes directs d’ici à 2035, auxquels s’ajouteront 30 000 remplacements dus aux départs à la retraite. Entre 2035 et 2050, quelque 20 000 emplois supplémentaires pourraient voir le jour. L’entreprise s’est engagée à favoriser l’embauche locale, notamment des jeunes issus des territoires limitrophes de Seine-Saint-Denis, du Val-d’Oise et de Seine-et-Marne. Reste que les riverains, souvent exaspérés par le vacarme des décollages, attendent désormais des résultats concrets. Le défi d’ADP consistera à concilier la croissance d’un des plus grands aéroports d’Europe avec l’exigence d’un environnement plus vivable pour ceux qui vivent à ses abords.