En Indonésie, la déforestation pointée du doigt après les inondations meurtrières à Sumatra (AP)
En Indonésie, la déforestation pointée du doigt après les inondations meurtrières à Sumatra (AP)

En Indonésie, la colère grandit après les inondations et glissements de terrain qui ont ravagé l’île de Sumatra, tuant plus de 700 personnes et provoquant la catastrophe la plus meurtrière depuis le tsunami de 2004. À Tapanuli Sud, l’une des régions les plus touchées, Reliwati Siregar montre du doigt les collines mises à nu autour de son village et accuse la déforestation d’avoir amplifié le désastre. « Des mains mal intentionnées abattent des arbres… et maintenant nous en payons le prix », déplore la sexagénaire installée dans un abri temporaire.

Selon les autorités, un quart des victimes recensées se trouvent dans cette zone où les glissements de terrain ont enseveli des habitations et paralysé les secours. Les crues ont également charrié des dizaines de troncs d’arbres, preuve, selon les habitants, de l’ampleur des coupes illégales et de la fragilisation des sols. « La pluie a bien provoqué l’inondation, mais il est impossible qu’elle ait emporté autant de bois », affirme Siregar, convaincue que la destruction des forêts a joué un rôle déterminant dans la violence des crues.

Des experts environnementaux et des dirigeants locaux estiment que ces inondations ne sont que le dernier exemple d’une longue série d’événements climatiques aggravés par le réchauffement de la planète et par des décennies de mauvaise gestion forestière. La déforestation massive à Sumatra remonte en grande partie aux projets d’exploitation du bois et des plantations de palmiers à huile lancés à la fin des années 1960, transformant profondément les écosystèmes de la région.

Les critiques se tournent également vers le gouvernement, accusé d’avoir ignoré pendant des années les avertissements et les manifestations contre l’expansion des activités forestières. Pour les groupes environnementaux, la catastrophe actuelle souligne l’urgence de repenser la gestion des ressources naturelles et d’imposer des mesures strictes pour limiter les coupes illégales, protéger les forêts restant et renforcer la résilience des communautés locales face à l’intensification des tempêtes tropicales.

Alors que le bilan humain dépasse désormais 800 morts à travers l’Indonésie, la Malaisie et la Thaïlande, les appels à une action politique résolue se multiplient. À Sumatra, les habitants comme Reliwati Siregar redoutent que, sans changement rapide, ces « mains malicieuses » continuent de mettre en péril leurs vies et leurs terres.

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