Le 14 octobre marquera un tournant pour des centaines de millions d’ordinateurs à travers le monde : Microsoft cessera toute mise à jour de sécurité pour Windows 10. En clair, les machines équipées de ce système, encore très répandu, deviendront vulnérables aux attaques. Une décision que l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP) dénonce comme un « vrai hold-up numérique ». Près de 400 millions d’utilisateurs sont concernés. Et beaucoup ne pourront pas migrer gratuitement vers Windows 11, leur matériel étant jugé incompatible. Résultat : deux solutions, selon Microsoft, soit acheter un nouvel ordinateur, soit payer une trentaine d’euros pour un sursis d’un an seulement. « Les options, c’est payer ou payer », résume Flavie Vonderscher, responsable plaidoyer de HOP, qui alerte sur des conséquences « économiques, sociales et environnementales sans précédent ».
Un coût colossal pour les services publics
Le problème dépasse le cadre domestique. Hôpitaux, collectivités et administrations sont directement touchés. Certaines devront débourser des millions pour continuer à travailler avec leurs équipements actuels. « On parle d’argent public, alors même que l’État exige des économies », insiste HOP, qui juge la situation intenable. Avec l’UFC-Que Choisir et une vingtaine d’autres organisations, l’association a lancé une pétition baptisée Non à la taxe Windows. Objectif : contraindre Microsoft à prolonger le support sans frais. Car derrière la stratégie commerciale de l’éditeur, les ONG voient une manœuvre d’obsolescence programmée qui pousse artificiellement au renouvellement du matériel.
Un appel à la loi
Pour sortir de ce cycle, HOP réclame une loi imposant au moins quinze années de mises à jour logicielles. « Ces ordinateurs sont encore fonctionnels, on ne peut pas forcer les gens à les jeter », plaide Flavie Vonderscher. Au-delà du débat technique, l’affaire soulève une question plus large : jusqu’où les géants du numérique peuvent-ils dicter le rythme de vie de nos appareils ?