Brandt sans repreneur - l’État sommé d’intervenir
Brandt sans repreneur - l’État sommé d’intervenir

Le fabricant d’électroménager Brandt, placé en redressement judiciaire début octobre, n’a à ce stade reçu « aucune offre de reprise suffisamment finalisée », selon François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire. Cette impasse intervient alors que l’échéance fixée pour le dépôt des offres devait tomber ce vendredi à minuit, poussant élus locaux, parlementaires et collectivités à demander au gouvernement de reprendre la main. Dans un communiqué commun, ils appellent le Premier ministre à « se saisir du dossier » et à garantir un soutien total aux projets capables de sauver l’entreprise et ses emplois.

Un fleuron fragilisé qui peine à attirer des candidats

Le groupe centenaire, qui emploie quelque 750 salariés en France, espérait que la procédure de redressement facilite l’arrivée d’un partenaire en gelant ses dettes et en assurant la poursuite de son activité. Mais aucune proposition solide n’a émergé. Les élus réclament désormais un délai supplémentaire pour laisser le temps à des offres « ambitieuses » de se constituer, dans l’intérêt des deux sites industriels de Saint-Jean-de-La-Ruelle et Vendôme, au cœur de leurs préoccupations. Ces usines, stratégiques pour l’emploi régional, alimentent des marques bien connues comme Brandt, Vedette, Sauter ou De Dietrich. L’audience décisive devant le tribunal des activités économiques de Nanterre reste programmée au 3 décembre, et chaque jour qui passe renforce l’incertitude sur l’avenir des salariés.

Une filière fragilisée par la crise immobilière

L’essoufflement du marché contribue largement aux difficultés de Brandt. Le secteur du gros électroménager a encore reculé l’an dernier, affichant une baisse de près de 4 % après une année 2023 déjà difficile. L’achat de cuisinières, fours ou lave-linge dépend étroitement des cycles immobiliers, et la crise du logement fait chuter les ventes. Malgré une présence dans 36 pays et un chiffre d’affaires de 260 millions d’euros, dont 70 % réalisés en France, le groupe peine donc à enrayer la spirale. Les élus demandent désormais un engagement clair de l’État : soutien aux repreneurs sérieux, mobilisation des outils financiers existants et sécurisation des parcours des salariés. À l’approche de l’audience de décembre, l’avenir de Brandt reste suspendu à une décision politique autant qu’industrielle.

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