Le Nigeria fait face à une famine sans précédent, aggravée par les attaques insurgées et la baisse de l’aide internationale (AP)
Le Nigeria fait face à une famine sans précédent, aggravée par les attaques insurgées et la baisse de l’aide internationale (AP)

Le Nigeria se dirige vers sa pire crise alimentaire jamais enregistrée, avec environ 35 millions de personnes menacées de famine, selon les organisations humanitaires. La combinaison d’attaques islamistes, d’un effondrement du pouvoir d’achat et d’une réduction drastique de l’aide internationale place des millions de familles au bord de la survie.

Dans les États du nord-est, ravagés par une insurrection vieille de plus d’une décennie, les violences ont contraint d’innombrables ménages à fuir leurs villages. Beaucoup se retrouvent dans des camps improvisés, sans accès stable à la nourriture ni aux soins de base. Les déplacements massifs, ajoutés à un climat d’insécurité permanent, ont rendu la production agricole extrêmement limitée et les transports de vivres particulièrement dangereux.

Le Programme alimentaire mondial alerte sur une situation critique : ses stocks d’aide alimentaire et nutritionnelle d’urgence pourraient être totalement épuisés dès décembre, faute de financements suffisants. Les coupes budgétaires internationales empêchent l’organisation de maintenir l’ampleur de ses distributions, alors même que les besoins explosent.

Les familles les plus touchées témoignent d’une situation dramatique, aggravée par une inflation élevée et l’effondrement de la monnaie locale. Dans certaines régions, les prix des céréales de base ont doublé en quelques mois, rendant l’accès à la nourriture quasiment impossible pour les ménages les plus pauvres. Les inondations et les aléas climatiques ont également réduit les récoltes, amplifiant la pression sur les communautés rurales.

Les travailleurs humanitaires préviennent que sans un effort international urgent, le Nigeria pourrait connaître une dégradation rapide vers une famine généralisée. Les agences appellent les bailleurs à débloquer des fonds supplémentaires et exhortent les autorités nigérianes à sécuriser davantage les zones agricoles pour permettre la reprise d’une production locale essentielle.

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