Perte de 28 700 emplois au 4e trimestre 2025 : le marché du travail poursuit son ralentissement
Perte de 28 700 emplois au 4e trimestre 2025 : le marché du travail poursuit son ralentissement

Le marché de l’emploi continue de se contracter en France. Au quatrième trimestre 2025, l’emploi salarié privé a reculé de 0,1 %, soit 28 700 postes détruits, selon les données publiées par la Dares, le service statistique du ministère du Travail. Il s’agit d’un cinquième trimestre consécutif de baisse.

Sur un an, le repli est un peu plus marqué : 40 800 emplois ont disparu dans le secteur privé, soit une diminution de 0,2 %. La dynamique négative engagée depuis près de deux ans se confirme donc, même si l’emploi reste nettement supérieur à son niveau d’avant la crise sanitaire. Par rapport à 2019, le nombre total d’emplois salariés demeure en hausse de 5,3 %, soit environ 1,1 million de postes supplémentaires.

Construction et industrie toujours en repli

Dans le détail, la plupart des secteurs ont enregistré une baisse au quatrième trimestre. L’industrie a perdu 3 200 emplois (-0,1 %), signant son cinquième trimestre consécutif de recul. La construction, elle, enregistre une douzième baisse trimestrielle d’affilée, avec 7 700 postes en moins (-0,5 %).

Malgré cette tendance négative, ces deux secteurs restent au-dessus de leurs niveaux de fin 2019 : +2 % pour l’industrie (+61 000 emplois) et +3,9 % pour la construction (+58 100 emplois).

Le tertiaire n’échappe pas non plus au ralentissement. Dans le secteur marchand hors intérim, 19 400 postes ont été supprimés (-0,2 %), tandis que le non marchand recule de 12 000 emplois (-0,4 %). Là encore, les effectifs restent largement supérieurs à ceux d’avant-Covid.

L’agriculture constitue une exception sur le trimestre avec une hausse de 2,6 % (+8 100 emplois), mais elle affiche sur un an la baisse la plus marquée en proportion (-1,2 %, soit 4 000 postes en moins).

Le chômage repart à la hausse

La dégradation progressive du marché du travail se reflète dans le taux de chômage. Celui-ci atteint 7,9 % de la population active au quatrième trimestre 2025, en hausse de 0,2 point sur trois mois et de 0,6 point sur un an. Il s’agit de son niveau le plus élevé depuis le troisième trimestre 2021.

En revanche, le taux d’emploi reste stable à 69,4 %, tandis que le taux d’activité progresse de 0,2 point pour atteindre 75,4 %, un niveau record depuis que cet indicateur est mesuré.

Des tensions de recrutement en recul

Autre signe du ralentissement : les difficultés de recrutement diminuent dans la plupart des secteurs, à l’exception de l’intérim. En janvier 2026, 60,8 % des entreprises du bâtiment déclarent encore rencontrer des difficultés à embaucher, contre 38,7 % dans l’industrie et 30,1 % dans les services.

Même si ces tensions restent élevées dans certains métiers, elles sont désormais inférieures aux niveaux records observés début 2023.

Le marché du travail français semble ainsi entrer dans une phase d’atterrissage après les années de forte reprise post-Covid. La trajectoire pour 2026 dépendra désormais du rythme de la croissance économique et de la capacité des entreprises à relancer l’investissement et les embauches.

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