Des dizaines de milliers de personnes ont défilé lundi soir dans les rues de Belgrade pour commémorer la mort de 16 victimes d’un effondrement survenu en novembre 2024 dans une gare ferroviaire rénovée à Novi Sad. Cette marche silencieuse, organisée à l’appel d’élèves du secondaire, s’est transformée en une démonstration de colère contre le président Aleksandar Vucic et son parti au pouvoir, le SNS, avec pour revendication centrale la tenue d’élections anticipées.
À partir de 19 heures, les manifestants se sont rassemblés devant l’ancienne gare de Belgrade. Seize lycéens ont traversé la place Savski Trg en portant chacun une rose blanche, tandis que les noms des victimes étaient lus à haute voix, dans un moment de recueillement solennel.
Le drame de Novi Sad, où l’effondrement d’une toiture en béton avait provoqué la mort de 16 personnes, a déclenché une vague de contestation sans précédent, alimentée par des accusations de corruption et de négligence généralisées. « La corruption est la racine de tous les problèmes de notre société. Des élections sont la seule solution », a affirmé Srdjan, un scientifique de 35 ans venu manifester.
Des rassemblements similaires se sont tenus dans plusieurs autres villes du pays, dont Novi Sad, Kragujevac et Aleksinac. Depuis l’accident, les mobilisations se poursuivent régulièrement et mettent sous pression le pouvoir en place.
Jusqu’ici largement pacifiques, ces manifestations ont toutefois été marquées par des affrontements le 13 août dernier, qui ont fait plusieurs dizaines de blessés parmi les policiers et les civils. Ce mouvement, l’un des plus massifs qu’ait connus la Serbie ces dernières années, illustre la contestation grandissante envers le président Vucic, au pouvoir depuis 2012, accusé par ses détracteurs de verrouiller les institutions et de favoriser un climat de corruption endémique.