Retraites : le COR relance la guerre sur l’âge de départ, les syndicats déjà vent debout
Retraites : le COR relance la guerre sur l’âge de départ, les syndicats déjà vent debout

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) vient de jeter un nouveau pavé dans la mare en préconisant clairement le recul de l’âge de départ pour sauver le système. Selon son rapport annuel, repousser l’âge légal serait le seul levier efficace sans plomber la croissance, à l’inverse d’une hausse des cotisations ou d’un gel des pensions. Un message qui arrive alors que syndicats et patronat entament des négociations cruciales.

Un signal clair pour Matignon, un camouflet pour les syndicats

Le COR a revu à la baisse ses projections pour 2030 : le déficit attendu du système des retraites passerait de 0,4 à 0,2 % du PIB. Mais l’horizon 2070 reste sombre, avec un déficit estimé à 1,4 % du PIB. En cause : des dépenses qui augmentent faiblement mais des ressources en chute libre. En 2024, la France consacrait déjà 407 milliards d’euros aux retraites, soit 13,9 % du PIB – un record en Europe derrière l’Italie.

Selon le COR, seules quatre pistes sont envisageables : geler la hausse des pensions nettes, augmenter les cotisations des salariés ou des employeurs, ou bien reculer l’âge de départ. Les trois premières options sont qualifiées de « récessives », car elles pèsent sur la consommation, l’investissement ou l’emploi. La dernière serait, elle, bénéfique pour la croissance et les finances publiques.

Ce diagnostic risque de raviver la tension sociale, un an après la réforme explosive qui avait repoussé l’âge légal à 64 ans. Alors que la gauche réclame un retour à 60 ans et que les syndicats ne veulent plus entendre parler d’allongement, le COR relance un débat explosif à l’approche de 2027.

Le rapport doit être officiellement publié la semaine prochaine. Mais il est d’ores et déjà perçu comme une feuille de route implicite pour l’exécutif, bien décidé à remettre une pièce dans la machine des réformes.

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