Proportionnelle : un vieux débat relancé au cœur de la séquence Lecornu 2
Proportionnelle : un vieux débat relancé au cœur de la séquence Lecornu 2

Alors que LFI et le RN ont déposé ce matin, fidèles à leurs promesses, leurs motions de censure contre le gouvernement Lecornu 2, un autre texte concentre l’attention à l’Assemblée nationale : dix-huit députés de la gauche et du centre (Renaissance, MoDem, écologistes, PS) proposent d’introduire une dose de proportionnelle aux législatives. Parmi ces quatorze parlementaires soucieux de « débloquer le pays » et sortir de la logique « bloc contre bloc », l’ancien Président de la république et député socialiste François Hollande.

Un système mixte

Le texte porté par Erwan Balanant, Guillaume Gouffier Valente, Jérémie Iordanoff et Marie Récalde propose un système mixte : maintien du scrutin majoritaire par circonscription, complété par des « listes complémentaires nationales » permettant d’aligner le pourcentage final de sièges d’un parti sur son score national. Concrètement, une formation créditée de 20% des voix mais de 15% des sièges obtiendrait 5 points de sièges supplémentaires via sa liste pour atteindre 20%.

La dynamique n’arrive pas de nulle part. Le 30 janvier 2025, le Sénat a adopté de justesse une résolution écologiste non contraignante en faveur de l’introduction d’une part de proportionnelle ; les centristes y avaient majoritairement souscrit quand LR s’y opposait. Du côté des gouvernements successifs, dès sa nomination en septembre 2024, Michel Barnier avait déclaré « n’avoir pas de ligne rouge » sur la proportionnelle, prêt à « l’envisager » si elle participait à une sortie de crise post-dissolution. Le ralliement public de François Hollande à cette proposition de loi ajoute une caution politique à une réforme que le chef de l’État promet par intermittence depuis 2017 sans l’avoir jamais engagée.

Quel modèle pour la France ?

Les auteurs défendent une proportionnelle « compensatoire » inspirée de pratiques européennes : elle corrige les distorsions du pur majoritaire tout en préservant l’ancrage local et promet que « chaque voix compte » davantage. Ses partisans y voient un moyen d’obliger aux compromis et d’élargir les bases des majorités parlementaires.

À droite, les réserves demeurent : risque de fragmentation, de gouvernements instables et de renforcement des appareils via des listes fermées. Beaucoup rappellent que la stabilité de la Ve République s’est construite sur le majoritaire. Dans cette logique, certains plaident pour un scrutin uninominal à un seul tour, moins propice aux barrages dits « républicains » du second tour, tordant le choix des électeurs.

Entre motions de censure et réforme électorale, la séquence place l’exécutif face à un double test : tenir le calendrier budgétaire et trancher un débat institutionnel qui engage la clarté démocratique autant que la capacité à gouverner.

Que retenir rapidement ?

Alors que LFI et le RN ont déposé ce matin, fidèles à leurs promesses, leurs motions de censure contre le gouvernement Lecornu 2, un autre texte concentre

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