La commission électorale du Cameroun a annoncé samedi le rejet de la candidature de Maurice Kamto à la prochaine élection présidentielle, provoquant une onde de choc dans le pays. Principal opposant au président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, Kamto était considéré comme le seul adversaire de poids capable de menacer la réélection du chef de l’État, aujourd’hui âgé de 92 ans.
C’est lors d’une conférence de presse tenue à Yaoundé que le président d’ELECAM, l’organe en charge de l’organisation des scrutins au Cameroun, a révélé la liste officielle des 13 candidats retenus pour l’élection. Le nom de Kamto n’y figurait pas. Aucune explication n’a été fournie pour justifier cette exclusion, qui suscite déjà de vives inquiétudes au sein de l’opposition et de la société civile.
Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), parti de Maurice Kamto, a dénoncé une « manœuvre politique flagrante » visant à éliminer toute alternative démocratique. Selon le code électoral camerounais, les candidats recalés disposent de deux jours pour faire appel de la décision. Les partisans de Kamto appellent à des manifestations pacifiques, tandis que les autorités craignent des troubles à l’approche du scrutin.
Maurice Kamto, ancien ministre et juriste respecté, était arrivé deuxième à la présidentielle de 2018. Il avait alors contesté les résultats, affirmant que l’élection avait été entachée de fraudes massives. Depuis, il a régulièrement été visé par des arrestations et des interdictions, ce qui, selon ses soutiens, traduit une volonté du régime de l’écarter durablement de la scène politique.
Cette décision d’ELECAM renforce les soupçons d’un processus électoral verrouillé au profit du président sortant. Paul Biya, qui cumule plus de 40 ans au pouvoir, brigue un nouveau mandat malgré son âge avancé et un état de santé qui suscite régulièrement des spéculations.
L’annonce du rejet de la candidature de Kamto pourrait raviver les tensions dans un pays déjà secoué par des conflits dans les régions anglophones, une crise économique persistante et une contestation de plus en plus ouverte de l’hégémonie du pouvoir en place.