À moins de deux ans de l’élection présidentielle, l’idée de désigner un candidat à partir des sondages gagne du terrain dans certains camps politiques. Une perspective qui suscite toutefois de fortes réserves chez les professionnels des études d’opinion, qui refusent de devenir les arbitres des compétitions internes aux partis.
Alors que les primaires semblent de plus en plus contestées à droite, au centre et à gauche, plusieurs responsables politiques envisagent de s’appuyer sur les enquêtes d’opinion pour départager les prétendants à l’Élysée. Dans le bloc central, cette hypothèse est notamment évoquée pour trancher entre les ambitions d’Édouard Philippe et de Gabriel Attal.
Les instituts de sondage dénoncent une fausse solution
Pour les spécialistes du secteur, une telle méthode présenterait de nombreuses limites. Ils rappellent que les intentions de vote restent particulièrement volatiles plusieurs mois avant une élection présidentielle et qu’aucun sondage ne peut prédire avec certitude l’évolution d’une campagne ou l’impact d’événements politiques majeurs.
Les sondeurs soulignent également qu’une primaire permet généralement de créer une dynamique politique et médiatique autour du candidat désigné. À leurs yeux, les enquêtes d’opinion constituent un outil d’évaluation à un instant donné, mais ne peuvent se substituer au débat démocratique ni au processus de sélection traditionnel des partis politiques.
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