Nouveau pape : qui succédera à François ? Les grands favoris du conclave
Conclave

La disparition du pape François, le 21 avril 2025, ouvre un chapitre crucial pour l’Église catholique : l’élection de son successeur. Tandis que les préparatifs des funérailles et du conclave s’organisent à Rome, les pronostics se multiplient autour des potentiels “papabili”, ces cardinaux dont le nom circule avec insistance dans les milieux ecclésiastiques. Une succession très attendue, tant le profil du futur souverain pontife pourrait redéfinir l’orientation de l’Église pour les années à venir.

Une succession ouverte et des favoris européens

Dans les cercles du Vatican, plusieurs figures européennes apparaissent en tête des pronostics. Le nom du cardinal italien Pietro Parolin, 70 ans, secrétaire d’État du Saint-Siège et fin diplomate, revient régulièrement. Pilier de la Curie romaine, artisan de l’accord entre le Vatican et la Chine, Parolin est jugé compétent mais parfois trop discret. Il est talonné par Matteo Zuppi, archevêque de Bologne et président de la Conférence épiscopale italienne, dont les positions progressistes en matière sociale rappellent celles de François. Troisième candidat sérieux : Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, 60 ans, dont la jeunesse et les interventions dans le conflit israélo-palestinien pourraient peser.

D’autres Européens comme le Hongrois Peter Erdo, théologien rigoureux et conservateur, ou encore Anders Arborelius, évêque suédois converti au catholicisme, sont également évoqués. Le Français Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, figure dans les listes, notamment pour son engagement en faveur du dialogue interreligieux et de l’accueil des migrants. Bien que classé parmi les outsiders, sa proximité avec les idées de François pourrait jouer en sa faveur, malgré sa méconnaissance de l’italien, un frein notable dans les arcanes romaines.

Vers un pape du Sud ? L’Afrique, l’Asie et l’Amérique en embuscade

Alors que l’Europe ne concentre plus qu’une minorité des catholiques du monde, la perspective d’un pape non européen prend de l’ampleur. En Afrique, plusieurs profils sont cités avec insistance. Le cardinal congolais Fridolin Ambongo, 65 ans, très proche de François, incarne une voix forte sur les enjeux sociaux et environnementaux. Le Ghanéen Peter Turkson, 76 ans, parle six langues et jouit d’une grande popularité. Malgré son âge avancé, il reste un sérieux prétendant pour devenir le premier pape noir de l’histoire.

Le nom du Guinéen Robert Sarah, défenseur intransigeant de la tradition liturgique, circule aussi, bien qu’il incarne une ligne opposée à celle de François. Ce profil très conservateur séduit une frange de l’Église mais pourrait provoquer des tensions internes. Du côté de l’Asie, l’ancien archevêque de Manille Antonio Tagle, 67 ans, surnommé le “François asiatique”, continue d’être envisagé comme un héritier naturel. Charismatique, proche des pauvres, il représente une Église tournée vers les périphéries.

Comme souvent, les prédictions se heurtent à la logique du conclave. En effet, dans l’histoire contemporaine, les favoris ne sont presque jamais élus. L’enjeu principal reste celui du consensus. Entre progressistes et conservateurs, entre continents et sensibilités, les cardinaux devront trouver un équilibre capable de maintenir l’unité d’une Église en pleine mutation.

Une décision entre continuité et rupture

Composé de 135 cardinaux électeurs, dont près de 80 % ont été nommés par François, le conclave débutera entre le 5 et le 10 mai. Selon France Télévisions, les scrutins se succéderont jusqu’à ce qu’un candidat obtienne les deux tiers des voix. Si la logique veut que l’Église cherche un pontife capable d’assurer la continuité, les dynamiques internes pourraient pousser à une rupture plus marquée.

Enfin, selon la tradition, c’est le cardinal protodiacre – en l’occurrence le Français Dominique Mamberti – qui annoncera au monde le nom du nouveau pape depuis la loggia de la basilique Saint-Pierre. Une chose est sûre : le successeur de François ne sera pas seulement le 267e pape de l’histoire. Il devra répondre aux aspirations d’une Église plus universelle, plus attentive aux défis de son époque et à la diversité de ses fidèles.

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