CITÉ DU VATICAN — Les 133 cardinaux électeurs de l’Église catholique se sont rassemblés ce mercredi derrière les murs de la Cité du Vatican pour entamer le conclave destiné à élire le 267e souverain pontife, successeur du pape François, décédé en avril à l’âge de 88 ans.
La journée a commencé par une messe solennelle à la basilique Saint-Pierre, célébrée par le cardinal Giovanni Battista Re, doyen du Collège des cardinaux. À 91 ans, Re avait déjà présidé les funérailles de François il y a deux semaines. Dans son homélie, il a prié pour que ses confrères soient guidés par la sagesse et le discernement dans le choix du nouveau pasteur de l’Église, à la tête d’une communauté forte de 1,4 milliard de fidèles.
Après la messe, les cardinaux se sont rendus en procession vers la chapelle Sixtine, où ils seront enfermés jusqu’à ce qu’un nouveau pape soit élu. À l’intérieur, aucun téléphone ni communication extérieure ne sera autorisé. Les ondes autour du Vatican seront brouillées pour garantir l’isolement et l’intégrité du vote.
Le processus électoral est régi par des règles strictes : chaque vote se fait par bulletin papier, et l’élection ne sera validée que lorsqu’un candidat obtiendra les deux tiers des voix, soit 89 suffrages. Après chaque session, les bulletins sont brûlés. La fumée noire signifie qu’aucun pape n’a encore été choisi ; la fumée blanche annoncera la nouvelle élection.
La composition du collège électoral reflète une Église de plus en plus globale. Bien que l’Europe conserve un poids traditionnel, les cardinaux viennent aujourd’hui de 70 pays, avec une forte représentation d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine — les régions où le catholicisme connaît la croissance la plus rapide.
À des milliers de kilomètres de là, dans les quartiers pauvres de Manille, aux Philippines, près de 100 fidèles se sont rassemblés dans une petite chapelle pour prier en faveur d’un pape proche des plus démunis. Le père Robert Reyes a exhorté à élire un pontife aussi humble et ouvert que François. « François était un homme unique, proche des oubliés, des rejetés, des opprimés », a-t-il rappelé.
Dans ce pays majoritairement catholique d’Asie, touché par de profondes inégalités, l’attente est grande pour un pape qui continuerait à incarner une Église attentive aux souffrances des plus vulnérables.