Léon XIV célèbre sa première messe et veut faire de l’Église un phare dans un monde en crise
Léon XIV célèbre sa première messe et veut faire de l’Église un phare dans un monde en crise

Moins de 24 heures après son élection comme 267e pape de l’histoire de l’Église catholique, Léon XIV a célébré vendredi matin sa première messe dans la chapelle Sixtine. Devant les cardinaux réunis dans le lieu même où il a été élu, le nouveau souverain pontife a prononcé une homélie emplie d’humilité et de gravité, appelant à une Église capable d’éclairer les ténèbres du monde et de servir de guide spirituel à l’humanité.

Ancien cardinal Robert Prevost, premier pape originaire des États-Unis et également citoyen péruvien, Léon XIV s’est présenté comme un « administrateur fidèle » de l’Église universelle, déterminé à poursuivre sa mission dans un monde qu’il a décrit comme en perte de repères. Âgé de 69 ans, le nouveau pontife a évoqué les nombreuses blessures sociales et spirituelles de notre époque, notamment la perte du sens de la vie, les atteintes à la dignité humaine, et la crise de la famille.

Vêtu d’habits liturgiques simples aux teintes blanches et dorées, Léon XIV a d’abord adressé quelques mots en anglais avant de poursuivre son homélie en italien, soulignant la nécessité pour l’Église de se montrer accueillante et ancrée dans la miséricorde. Sa messe inaugurale sur la place Saint-Pierre est prévue pour le dimanche 18 mai, en présence de chefs d’État, de dignitaires religieux et de milliers de fidèles. Elle marquera le lancement officiel de son pontificat.

Son élection rapide à l’issue d’un conclave de deux jours laisse peu d’indices sur les tractations internes au collège des cardinaux, mais témoigne d’un consensus rare. Succédant à François, décédé le mois dernier à l’âge de 88 ans, Léon XIV hérite de défis majeurs : déficit budgétaire du Vatican, tensions sur l’inclusion des personnes LGBT, rôle des femmes dans l’Église et polarisation doctrinale.

Missionnaire au Pérou pendant plus de vingt ans et évêque de Chiclayo, Léon XIV est perçu comme proche des réalités sociales et pastorales des pays en développement. Son élection a été accueillie avec une liesse populaire dans cette région du nord-ouest du Pérou, où il a longtemps exercé son ministère. C’est aussi un geste fort en direction d’une Église catholique qui se veut plus globale et plus proche des périphéries.

Le choix du nom « Léon » pourrait indiquer son intention de s’inscrire dans la lignée du pape Léon XIII, défenseur du progrès social et auteur de la célèbre encyclique Rerum Novarum. En attendant les nominations futures au sein de la curie romaine, qu’il a décidé de différer, Léon XIV donne déjà les premiers signes d’un pontificat à la fois enraciné dans la tradition et ouvert aux évolutions de l’Église contemporaine.

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