Le parti de Maduro conserve une majorité écrasante au Parlement vénézuélien dans un scrutin boycotté par l'opposition
Le parti de Maduro conserve une majorité écrasante au Parlement vénézuélien dans un scrutin boycotté par l'opposition

CARACAS – Le parti socialiste au pouvoir au Venezuela a conservé son contrôle de l’Assemblée nationale lors des élections législatives de dimanche 25 mai, avec près de 83 % des voix, selon l’autorité électorale. Ce scrutin, marqué par un taux de participation modéré et un boycott significatif de l’opposition, consolide davantage l’emprise du président Nicolás Maduro sur les principales institutions du pays.

Alors que les divisions entre les factions de l’opposition s’approfondissent, plusieurs de leurs figures de proue, dont María Corina Machado et Edmundo González, ont appelé à l’abstention. Ils entendaient ainsi protester contre ce qu’ils considèrent comme une fraude lors de la présidentielle de juillet 2024, dont ils affirment être les véritables vainqueurs. Le gouvernement, quant à lui, revendique la réélection de Maduro.

Les résultats annoncés par le Conseil national électoral permettent au camp présidentiel de conserver les leviers de nomination à la Cour suprême et au parquet, renforçant son contrôle sur le système judiciaire. Une coalition proche du pouvoir a recueilli 6,25 % des suffrages, tandis qu’une alliance d’opposition créditée de 5,17 % a remporté peu de sièges, selon le recteur Carlos Quintero. La participation, estimée à 42,6 %, reste dans la lignée des législatives de 2021.

Un seul gouverneur d’opposition a été élu dans l’État de Cojedes, contre quatre en 2021. En revanche, Henrique Capriles, ancien candidat à la présidence et partisan de la participation électorale, a été élu député. À l’inverse, Manuel Rosales a perdu son poste de gouverneur dans l’État de Zulia.

Les tensions demeurent vives autour des élections de 2024, dont les résultats officiels détaillés ne sont toujours pas publiés. Les autorités invoquent une cyberattaque, tandis que l’opposition affirme que son candidat, Edmundo González, a remporté le scrutin sur la base des procès-verbaux des bureaux de vote.

Dans un geste controversé, le gouvernement vénézuélien a procédé à l’élection d’un gouverneur pour le territoire disputé du Guayana Esequiba, en dépit d’une ordonnance de la Cour internationale de justice interdisant un tel vote. Le Guyana a condamné cette décision comme une menace pour la stabilité régionale.

Sur le plan international, les États-Unis ont renforcé leurs sanctions contre le Venezuela en réaction à la crise électorale. L’administration Trump a notamment exigé du géant pétrolier Chevron l’arrêt de ses opérations dans le pays d’ici au 27 mai. Maduro, qui rejette systématiquement ces mesures, continue de les dénoncer comme une « guerre économique » dirigée contre son gouvernement.

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