Le Kremlin critique l’élection présidentielle roumaine, évoque une « disqualification forcée » du candidat pro-russe
Le Kremlin critique l’élection présidentielle roumaine, évoque une « disqualification forcée » du candidat pro-russe

Le Kremlin a réagi lundi aux résultats de l’élection présidentielle roumaine en qualifiant le scrutin de « pour le moins étrange », reprochant aux autorités de Bucarest d’avoir écarté un candidat pro-russe en raison de considérations politiques. La déclaration, faite par le porte-parole Dmitri Peskov, vise directement la disqualification de Calin Georgescu, figure controversée qui avait dominé le scrutin annulé de 2024 avant d’être interdit de se représenter.

Dimanche, c’est finalement le centriste pro-européen Nicusor Dan qui l’a emporté face à George Simion, chef de file de l’extrême droite roumaine. Cette victoire est perçue comme un soulagement par Bruxelles, où l’on redoutait une percée nationaliste susceptible de fragiliser le consensus européen sur des sujets majeurs comme l’aide à l’Ukraine ou les politiques migratoires.

Pour Moscou, cependant, la légitimité du processus électoral roumain est entachée. « Nous connaissons l’histoire du candidat qui avait le plus de chances de gagner. Sans chercher de justification, il a été tout simplement écarté de force de la course », a affirmé Dmitri Peskov, en référence à Georgescu. Les autorités roumaines avaient justifié son exclusion par des soupçons de collusion avec une campagne d’influence russe non déclarée, ce que Moscou dément catégoriquement.

Dans un contexte déjà tendu, les déclarations du fondateur de Telegram, Pavel Durov, sont venues renforcer les accusations d’ingérence. Durov affirme que les services de renseignement français lui ont demandé de censurer les chaînes soutenant George Simion, candidat farouchement opposé à l’aide militaire à l’Ukraine. Une demande qu’il dit avoir refusée, dénonçant une atteinte à la liberté d’expression.

Le Kremlin a saisi l’occasion pour généraliser la critique à l’ensemble de l’Europe occidentale. « Le fait que des pays européens comme la France, la Grande-Bretagne ou l’Allemagne interfèrent dans les affaires intérieures d’autres pays n’est pas une nouveauté », a ajouté Peskov.

Les services de renseignement extérieurs français (DGSE) ont formellement démenti les allégations de Durov. Ce dernier fait actuellement l’objet d’une enquête judiciaire en France pour usage présumé de sa plateforme Telegram à des fins criminelles, et il lui est interdit de quitter le territoire.

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