CITÉ DU VATICAN, 8 mai 2025 — Il n’aura fallu que deux jours aux 133 cardinaux électeurs réunis à huis clos au Vatican pour désigner un successeur au pape François, élu en 2013. Cette élection rapide — conclue ce jeudi avec l’élection du cardinal américain Robert Prevost, devenu Léon XIV — figure parmi les conclaves les plus brefs des dernières décennies. Mais elle ne détient pas le record.
L’Église catholique ne publie pas de chiffres officiels sur le nombre de scrutins lors des conclaves, et les sources historiques divergent parfois. Toutefois, les archives disponibles permettent d’établir quelques repères. Avant 1274, certains papes étaient même élus le jour de la mort de leur prédécesseur. Depuis, une règle impose un délai minimum entre le décès et le début du conclave — fixé aujourd’hui à 15 jours — afin de permettre aux cardinaux d’arriver à Rome.
Selon l’historien Ambrogio Piazzoni, le conclave le plus rapide respectant cette règle serait celui de 1503, qui a vu l’élection de Jules II en quelques heures à peine. Plus récemment, Pie XII avait été élu en 1939 en seulement trois scrutins étalés sur deux jours — le plus court conclave du XXe siècle.
Parmi les conclaves les plus récents, Jean-Paul Ier (1978) avait été désigné après quatre votes en deux jours, et son successeur Jean-Paul II après huit votes en trois jours. Benoît XVI avait été élu en 2005 lors du quatrième vote, tandis que François avait nécessité cinq tours de scrutin en 2013.
Le conclave de cette année, bien que bref, se distingue aussi par son ampleur : les cardinaux étaient 133 à voter, contre 53 seulement en 1922 pour l’élection de Pie XI. L’obtention de la majorité des deux tiers, soit 89 voix en 2025, est donc devenue un défi arithmétique plus important qu’au siècle dernier.
Ce conclave, dans son efficacité, rappelle que l’unanimité ou du moins un large consensus peut parfois émerger rapidement, même dans une institution marquée par la tradition, la diversité géographique et les débats doctrinaux.