Hong Kong - Pékin mise sur une star olympique pour redorer l’image d’une démocratie sous contrôle (AP)
Hong Kong - Pékin mise sur une star olympique pour redorer l’image d’une démocratie sous contrôle (AP)

À Hong Kong, la Chine mise sur de nouveaux visages pour redonner un semblant de vitalité à la vie politique locale, alors que s’approchent les élections du 7 décembre. Parmi les candidats en vue figure Vivian Kong, escrimeuse médaillée d’or aux Jeux olympiques de Paris 2024, désormais propulsée sur le devant de la scène politique. Sa candidature symbolise la stratégie de Pékin : rajeunir et adoucir l’image d’un système électoral désormais entièrement verrouillé.

Vivian Kong, 31 ans, s’est portée candidate au siège de représentante du secteur du tourisme au Conseil législatif (Legco). « Je veux servir Hong Kong et la faire briller », a-t-elle déclaré, affirmant vouloir contribuer au développement de la ville. Son profil, à la fois populaire et apolitique, contraste avec les figures traditionnelles de la politique hongkongaise, souvent issues de milieux économiques ou administratifs étroitement liés à Pékin.

Depuis la réforme électorale imposée par la Chine en 2021, le Legco ne compte plus qu’un quart de sièges élus au suffrage direct. Les autres sont désormais réservés à des « circonscriptions fonctionnelles » représentant divers secteurs professionnels, et à des membres désignés par un comité de 1 500 personnes, majoritairement fidèles au pouvoir central. Tous les candidats sont soumis à un examen rigoureux de leur « patriotisme » par un comité placé sous la supervision de la police de la sécurité nationale.

Les médias d’État chinois vantent cette nouvelle configuration comme une « démocratie de haute qualité », censée mettre fin aux luttes politiques et favoriser le développement économique. Le quotidien Ta Kung Pao a salué la réforme, estimant qu’elle permettra à Hong Kong de tourner la page des divisions apparues après les manifestations pro-démocratie de 2019.

Mais pour de nombreux observateurs, cette « ouverture contrôlée » masque une réalité bien différente. « Pékin cherche à rajeunir et humaniser le système sans véritablement lui rendre de pluralisme », explique le politologue hongkongais Sonny Lo. « Des candidates comme Vivian Kong offrent une image moderne et consensuelle, mais leur marge de manœuvre politique restera extrêmement limitée. »

Les sondages locaux confirment un profond désintérêt du public : plus de la moitié des habitants jugent les législateurs actuels inefficaces, et 60 % ne connaissent pas les candidats de leur circonscription. En 2021, le taux de participation n’avait pas dépassé 30 %, un record historiquement bas. Pour tenter d’y remédier, les autorités et certaines entreprises d’État offrent désormais des demi-journées de congé pour inciter les électeurs à se rendre aux urnes.

Malgré ces efforts, le contrôle étroit de Pékin sur la vie politique hongkongaise continue de susciter la méfiance. Pour beaucoup, la candidature de Vivian Kong illustre moins une véritable ouverture démocratique qu’une tentative d’embellir une institution devenue, selon ses détracteurs, une chambre d’écho du pouvoir central chinois.

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