Le chef de l’opposition hongroise Peter Magyar a franchi samedi la frontière roumaine à l’issue d’une marche d’une semaine, dans le but de rallier le soutien des Hongrois de souche de Roumanie et d’élargir sa base électorale conservatrice avant les élections législatives prévues en 2026.
À la tête du mouvement centriste Tisza, fondé l’année dernière, Magyar s’impose comme le principal adversaire du Premier ministre Viktor Orban, au pouvoir depuis 2010. Selon les derniers sondages, son parti devance désormais le Fidesz d’Orban parmi les électeurs décidés, avec 43 % d’intentions de vote contre 36 %, selon une enquête du think tank Publicus publiée vendredi.
En portant le drapeau hongrois, Magyar a symboliquement traversé la frontière avec ses partisans dans un geste présenté comme une marque de solidarité. « Nous n’allons pas en Roumanie pour attiser les tensions ni nuire à nos frères et sœurs hongrois qui y vivent. Nous y allons pour exprimer notre solidarité », avait-il déclaré le 14 mai, au départ de sa marche depuis Tapioszentmarton.
Tout au long de son périple, Magyar a multiplié les haltes dans les villages et petites villes rurales, bastions traditionnels du Fidesz, pour dialoguer avec des électeurs parfois déçus par le gouvernement. Ce rapprochement avec les Hongrois de Transylvanie intervient alors que les quelque 1,2 million de membres de cette minorité disposent du droit de vote depuis 2014 et ont largement soutenu Orban en 2022, avec 94 % des suffrages exprimés en sa faveur.
Cette initiative intervient aussi dans un contexte politique tendu, après qu’Orban a évoqué une éventuelle coopération avec George Simion, le candidat d’extrême droite à la présidentielle roumaine du 18 mai. Le parti RMDSZ, représentant des Hongrois de Roumanie, s’est fermement opposé à cette alliance potentielle, la qualifiant de menace pour les droits des minorités, et a appelé à soutenir le centriste Nicusor Dan, finalement élu.