Elles n’ont pas de voix dans l’élection du prochain pape, mais près de 900 supérieures des ordres religieux féminins du monde entier se sont réunies lundi à Rome pour définir les priorités de l’Église à venir, à quelques kilomètres du conclave qui désignera le successeur du pape François.
Sœur Mary Barron, présidente de l’Union internationale des supérieures générales (UISG), a ouvert l’assemblée plénière en appelant ses consœurs, engagées dans d’innombrables missions à travers le monde, à prier pour un bon choix des cardinaux et à continuer de faire vivre la vision de réforme impulsée par le pape François. « Nous devons rester vigilantes pour maintenir cette flamme de renouveau de l’Église vivante », a-t-elle déclaré devant une salle de religieuses en habits traditionnels ou en vêtements civils, les écouteurs vissés sur le voile pour suivre les traductions simultanées.
L’UISG représente plus de 450 000 religieuses dans le monde. Alors que 133 cardinaux s’apprêtent à se rassembler dans la chapelle Sixtine pour élire un nouveau souverain pontife, les supérieures générales, elles, œuvrent depuis la périphérie pour faire entendre la voix des femmes dans une Église toujours marquée par une hiérarchie exclusivement masculine.
Malgré l’interdiction faite aux femmes d’accéder à la prêtrise et donc à toute participation au conclave, les religieuses ne baissent pas les bras. Barron les a exhortées à incarner une Église à l’écoute, fidèle au rêve du pape François d’une institution plus inclusive, enracinée dans l’amour de Dieu. Elle les a appelées à « oser rêver d’un avenir qui reflète l’amour infini de Dieu », citant au passage Emily Dickinson et Maya Angelou pour nourrir un discours résolument tourné vers l’espoir.
« Notre chemin à venir ne sera peut-être ni clair ni conventionnel, mais il est éclairé par le langage de l’espérance », a affirmé sœur Barron. Lors de la prière d’ouverture, les participantes se sont levées, se tenant la main pour se proclamer, en plusieurs langues, « pèlerines de l’espérance ».
Parmi les participantes figurait sœur Nathalie Becquart, première femme nommée sous-secrétaire du Synode des évêques par le pape François en 2021. Cette nomination avait été saluée comme un signe d’ouverture, laissant entrevoir une Église plus prête à confier des responsabilités de haut niveau aux femmes.
Malgré l’absence de droit de vote dans l’élection pontificale, les religieuses réunies à Rome entendent bien faire entendre leur voix dans l’avenir de l’Église.