Sur le papier, nos lycéens baignent dans les écrans depuis l’enfance. Dans la réalité, la certification Pix raconte une histoire moins flatteuse. Selon l’étude publiée cette semaine par la plateforme, deux élèves de terminale sur cinq n’atteignent pas le niveau de compétences numériques jugé suffisant à la sortie du lycée. Un chiffre qui pique un peu, à l’heure où l’on remplit des dossiers, des inscriptions et des candidatures en ligne comme on respire.
À l’inverse, les élèves de 3e s’en sortent mieux: 80 % maîtrisent ou sont proches de maîtriser les compétences attendues en fin de collège. Pix, obligatoire en 3e comme en terminale, repose sur une trentaine d’exercices très concrets, faire un tableur, repérer un mail frauduleux, bâtir un mot de passe solide. Rien d’exotique. Juste le b.a.-ba de la vie numérique, celle qui commence souvent sur un smartphone et se termine, plus tard, sur un portail administratif.
La génération « digitale native » prend un coup de vieux
Ce décalage entre collège et lycée alimente une remarque qui revient avec insistance. Marie-Caroline Missir, directrice du think tank Vers le haut, y voit la preuve qu’on parle « à tort » de « digitale native ». Pour elle, si Pix fonctionnait vraiment comme tremplin, les compétences devraient suivre naturellement. Elle pointe aussi une limite de méthode: traiter le numérique comme un bloc à part, « décorrélé » des usages des jeunes, ne suffirait plus, surtout avec l’irruption de l’intelligence artificielle dans les devoirs, les recherches et les habitudes.
Derrière les statistiques, on devine un enjeu très français: la formation et la place réelle du numérique dans la classe. Missir insiste sur l’idée que des professeurs mieux formés, utilisant ces outils dans leurs séquences au quotidien, acculturent plus efficacement les élèves qu’une certification vécue comme un passage obligé. Les bons résultats en 3e seraient d’ailleurs, selon elle, le signe que l’école a progressé, notamment depuis la période Covid. Reste le chantier du lycée, là où l’autonomie est censée s’installer, et où les lacunes numériques, elles, risquent de suivre les élèves bien au-delà du bac.
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