Le chef du Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS), puissante organisation nationaliste hindoue étroitement liée au parti au pouvoir Bharatiya Janata Party (BJP), a exhorté vendredi les familles indiennes à avoir trois enfants, alors que le pays connaît une baisse marquée de son taux de fécondité.
Mohan Bhagwat, dirigeant du RSS, a mis en garde contre les risques démographiques que représente cette tendance, estimant qu’il était nécessaire de maintenir un « équilibre contrôlé, mais suffisant ». L’Inde, qui a dépassé la Chine en 2023 comme pays le plus peuplé au monde, voit aujourd’hui sa croissance démographique ralentir rapidement.
Selon les données officielles, le taux de fécondité national est tombé sous le seuil de remplacement de 2,1 enfants par femme, alimentant les débats sur l’avenir de la structure démographique indienne et sur ses conséquences économiques.
Bhagwat a cependant rejeté les accusations récurrentes selon lesquelles les musulmans, minorité importante du pays, seraient visés par ce discours nataliste. Il a insisté sur le fait que toutes les communautés partageaient « une ascendance commune » et appelé à bâtir une confiance mutuelle.
« Les musulmans doivent surmonter leurs peurs », a-t-il déclaré, en soulignant que l’appel du RSS s’adressait à l’ensemble des Indiens. Cette prise de position illustre toutefois la sensibilité du sujet dans un pays où les questions de population sont souvent instrumentalisées dans le débat politique et religieux.
L’appel du RSS intervient dans un contexte où le gouvernement de Narendra Modi promeut une vision nationaliste hindoue et cherche à concilier croissance économique, cohésion sociale et équilibres démographiques dans la première démocratie du monde en nombre d’habitants.