Le signal est clair : le groupe d’électroménager Groupe SEB engage un vaste plan d’économies pour redresser sa rentabilité. Présenté aux organisations syndicales à l’occasion de la publication des résultats 2025, le projet prévoit la suppression « jusqu’à 2 100 postes » dans le monde, dont « potentiellement 500 en France », sur la base du volontariat.
Ces réductions d’effectifs représenteraient moins de 7 % des salariés du groupe. La direction insiste sur un point : en France, la production ne serait pas concernée et aucun départ contraint ne serait envisagé.
Le directeur général, Stanislas de Gramont, explique vouloir « retrouver une trajectoire de croissance rentable » après une année 2025 marquée par ce qu’il qualifie d’« accident » sur le plan de la rentabilité. Le groupe entend s’adapter à une concurrence jugée plus rapide et plus intense, notamment venue d’Asie.
Une rentabilité à restaurer malgré des résultats contrastés
En 2025, le chiffre d’affaires du groupe a reculé de 1,2 %, à 8,17 milliards d’euros. Le bénéfice net, lui, a progressé de 5,6 %, atteignant 245 millions d’euros. Une hausse qui peut sembler paradoxale au regard du plan social annoncé.
Mais cette progression est qualifiée de trompe-l’œil. En 2024, le groupe avait été sanctionné par l’Autorité de la concurrence d’une amende proche de 190 millions d’euros pour entente avec d’autres fabricants d’électroménager. Sans cet élément exceptionnel, l’évolution des résultats aurait été moins flatteuse.
Le plan présenté vise donc à réduire les coûts et à ajuster l’organisation à un marché mondial sous pression, marqué par la montée en puissance d’acteurs asiatiques plus agressifs en matière de prix et de délais d’innovation.
En France, sept entités juridiques pourraient être concernées, dont les sites de Pont-Évêque, Mayenne et Rumilly, ainsi que le siège social d’Écully, près de Lyon. La direction affirme toutefois que l’outil industriel hexagonal sera préservé.
Reste désormais à voir comment les discussions avec les partenaires sociaux évolueront dans les prochaines semaines. Entre volonté de restaurer la compétitivité et engagement de limiter l’impact social, le groupe joue une séquence délicate, dans un secteur où la pression internationale ne faiblit pas.