Opep+ sans les Émirats: première réunion sous tension sur les quotas de pétrole
Opep+ sans les Émirats: première réunion sous tension sur les quotas de pétrole

Une réunion en ligne très scrutée, la première depuis le départ des Émirats arabes unis acté cette semaine. L’alliance, qui réunit l’Opep et des pays partenaires comme la Russie, doit se prononcer sur ses quotas dans un marché déjà bousculé par les incertitudes géopolitiques. Le départ d’Abou Dhabi marque un tournant: les Émirats figuraient parmi les rares membres capables d’augmenter rapidement leurs volumes, grâce à des capacités disponibles importantes.

Sans surprise, le scénario le plus attendu reste celui d’une hausse limitée des quotas pour plusieurs pays clés. L’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, le Koweït, le Kazakhstan, l’Algérie et Oman pourraient relever ensemble leurs plafonds d’environ 188.000 barils par jour, un mouvement proche des ajustements annoncés ces derniers mois. Les marchés regarderont moins le chiffre que la cohésion affichée, car la discipline interne et la crédibilité des engagements pèsent autant que les annonces.

Une hausse annoncée, une production qui coince

Une hausse annoncée, une production qui coince Sur le papier, l’augmentation ressemble à un geste technique. Dans les faits, elle risque de rester largement théorique. Le blocage du détroit d’Ormuz, attribué à l’Iran dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, pèse sur les exportations de plusieurs pays du Golfe et limite la capacité à transformer des quotas en barils réels. Des analystes soulignent aussi l’écart entre objectifs et production: en mars, la production des pays soumis à quotas serait descendue à 27,68 millions de barils par jour, pour des quotas cumulés de 36,73 millions, soit près de 9 millions de barils par jour de différence.

Le départ des Émirats ouvre aussi une séquence politique pour l’alliance, avec le risque de voir d’autres membres contester leurs plafonds. Abou Dhabi dénonçait depuis des années des quotas jugés trop serrés au regard de ses investissements, tandis que sa compagnie nationale vise une capacité de 5 millions de barils par jour d’ici 2027, bien au-delà de son dernier quota. En face, la Russie, deuxième producteur du groupe, profite de prix élevés mais fait face à des contraintes industrielles et à des perturbations liées à la guerre en Ukraine, ce qui complique le respect de ses propres objectifs. La réunion de dimanche doit donc trancher une question simple, presque brutale: l’Opep+ peut-elle encore piloter l’offre avec la même autorité sans l’un de ses piliers les plus flexibles.

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