Inflation: le pétrole remet un coup d'accélérateur sur les prix en mars
Inflation: le pétrole remet un coup d'accélérateur sur les prix en mars

Mars a eu le goût piquant du carburant. Selon l’Insee, les prix à la consommation ont progressé de 1% sur un mois, une hausse tirée par l’énergie et, dans le détail, par les produits pétroliers. Quand le baril bouge, la France le sent vite, et pas seulement sur les grands tableaux macroéconomiques: dans la vraie vie, celle des pleins faits à contrecœur et des tickets qui grimpent sans prévenir.

Derrière ce chiffre, un mécanisme bien connu: les cours du Brent, référence en Europe, se répercutent rapidement sur les prix à la pompe, avec un décalage court, et le taux de change euro-dollar joue son rôle de loupe. Les taxes, elles, ne font pas de sentiment, TICPE et TVA amplifient mécaniquement la variation en euros, ce qui donne à la moindre tension sur le marché pétrolier un effet immédiat sur le portefeuille.

À ce stade, la tentation est grande de tout attribuer à l’énergie, comme si le reste de l’économie avançait en roue libre. Or un mois ne fait pas une tendance, et les économistes surveillent de près l’inflation dite « sous-jacente », celle qui exclut les prix les plus volatils comme l’énergie et certains aliments, pour mesurer la poussée de fond. C’est là que se lit, souvent, la vraie température des services, des loyers, des coûts qui s’installent.

À la pompe, le thermomètre du quotidien

Ce qui rend l’épisode parlant, c’est son côté concret. Le carburant n’est pas qu’une ligne de dépense, c’est un prix qui s’affiche en grand, qui se compare d’une station à l’autre et qui alimente une humeur collective. Quand il augmente, le transport suit parfois, le routier répercute, certains coûts de livraison se retendent, et l’impression d’un panier qui s’alourdit revient, même si tout ne monte pas au même rythme.

Du côté des institutions, le chiffre Insee alimente un ballet habituel. Bercy scrute l’effet sur le pouvoir d’achat et le calendrier des mesures, la Banque de France affine ses scénarios de croissance et de prix, et la BCE garde un œil sur la trajectoire d’inflation au moment où chaque dixième compte dans la discussion sur les taux. Dans les couloirs, on entend souvent le mot « temporaire », mais l’énergie a le mauvais goût de revenir par vagues.

Reste une question de rythme, pas de slogans: mars a secoué l’indice, avril dira si l’onde de choc se dissipe ou si elle s’étire. Les prochains jours seront aussi ceux des comparaisons avec le glissement annuel, des lectures par poste de dépense et des signaux venus des marchés pétroliers, entre décisions de l’Opep+ et tensions géopolitiques. Une chose est sûre, le baril n’a pas fini de jouer avec nos nerfs, et avec nos budgets.

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