En Moselle, recherches et espoirs après la découverte "unique au monde" d'hydrogène naturel
En Moselle, recherches et espoirs après la découverte "unique au monde" d'hydrogène naturel

À une quarantaine de kilomètres de Metz, un forage expérimental suscite un intérêt croissant dans les milieux scientifiques, industriels et politiques. À Pontpierre, en Moselle, des chercheurs explorent les profondeurs du sous-sol à la recherche d’hydrogène naturel, une ressource encore largement méconnue mais présentée comme potentiellement majeure pour la transition énergétique. Les premières données laissent entrevoir un gisement d’ampleur exceptionnelle, possiblement sans équivalent à l’échelle mondiale.

Porté par l’entreprise Française de l’Énergie avec l’appui du CNRS et de l’Université de Lorraine, le programme de recherche REGALOR II vise à atteindre 4 000 mètres de profondeur afin de mieux comprendre l’origine et le fonctionnement de ce gaz naturellement présent dans les eaux souterraines. Selon des estimations scientifiques issues de travaux antérieurs, le bassin lorrain (qui s’étend au-delà des frontières françaises) pourrait renfermer des dizaines de millions de tonnes d’hydrogène natif, formé par des réactions chimiques entre l’eau, les minéraux et les anciennes couches géologiques riches en fer ou en charbon.

Une promesse énergétique sous surveillance

Les chercheurs affirment avoir déjà observé des remontées d’hydrogène lors des opérations de forage, renforçant l’idée d’une exploitation techniquement envisageable à terme. Pour les scientifiques, cette ressource présente un double avantage : elle serait décarbonée par nature et disponible sans transformation lourde, contrairement à l’hydrogène produit industriellement. Les élus locaux y voient un levier potentiel de souveraineté énergétique et de reconversion industrielle pour une région marquée par l’histoire minière.

Mais ces perspectives nourrissent aussi des inquiétudes. Des associations environnementales locales appellent à la prudence, notamment sur les risques pour les nappes phréatiques. Elles rappellent qu’un précédent projet d’exploitation de gaz souterrain en Lorraine avait été abandonné après des décisions de justice défavorables, en raison des menaces pesant sur les ressources en eau. Entre promesse énergétique et impératifs de protection environnementale, l’hydrogène naturel lorrain ouvre un champ d’espoirs… et de débats.

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