Amazon a annoncé mercredi une avancée majeure dans le secteur des véhicules autonomes avec l’ouverture d’une immense usine près de la Silicon Valley, capable de produire jusqu’à 10 000 robotaxis par an. Avec cette nouvelle infrastructure, le géant du commerce en ligne entend défier Waymo, leader actuel des taxis autonomes, et se positionner face à Tesla, également engagé dans cette course technologique.
Située à Hayward, en Californie, l’usine de 20 000 mètres carrés a été installée dans un ancien site de fabrication de bus, entièrement transformé en une ligne d’assemblage dernier cri. Exploitée par Zoox, la filiale spécialisée d’Amazon acquise pour 1,2 milliard de dollars en 2020, cette installation marque l’entrée en phase industrielle du projet lancé en 2014. Le premier service de robotaxis Zoox devrait voir le jour à Las Vegas d’ici la fin de l’année, avant de s’étendre à San Francisco l’an prochain.
L’objectif d’Amazon est ambitieux : produire un robotaxi toutes les 20 minutes d’ici fin 2026, contre un seul par jour actuellement. À pleine capacité, l’usine pourrait livrer 10 000 véhicules par an destinés à des flottes déployées dans des villes comme Miami, Los Angeles ou Atlanta. Zoox prévoit d’opérer entre 500 et 2 000 robotaxis selon la taille des marchés, chacun conçu pour circuler environ cinq ans, soit environ 800 000 kilomètres.
Contrairement à Waymo, qui adapte sa technologie à des véhicules fabriqués par d’autres constructeurs, Zoox mise sur un design totalement repensé, sans volant ni pédales, et pouvant accueillir quatre passagers en vis-à-vis, à la manière d’une calèche futuriste. Ce positionnement vise à séduire une clientèle urbaine à la recherche d’une expérience différenciante, dans un marché où les technologies convergent mais où le design reste un facteur clé.
Waymo, de son côté, conserve une longueur d’avance. Depuis ses débuts à Phoenix il y a près de cinq ans, la société a étendu ses services à San Francisco, Los Angeles et Austin, et vient de déposer une demande pour tester ses véhicules à New York. Elle revendique déjà plus de 10 millions de trajets payants, alors que ses concurrents, comme Amazon et Tesla, n’ont pas encore lancé leurs services commerciaux à grande échelle.
Malgré ce retard, la PDG de Zoox, Aicha Evans, reste confiante. Lors d’une visite de presse organisée mardi à l’usine, elle a déclaré : « C’est un moment enthousiasmant pour se lancer dans cette aventure ». La société continue de tester ses véhicules à Las Vegas, notamment via un partenariat avec le complexe hôtelier Resorts World, et à San Francisco, malgré un incident mineur avec une trottinette électrique le mois dernier qui a conduit à une mise à jour logicielle.
Tesla, quant à elle, reste discrète sur la date de lancement de ses propres robotaxis. Elon Musk avait promis en 2019 un million de véhicules autonomes en circulation d’ici 2025, un objectif largement revu à la baisse. Il envisage désormais un déploiement limité à Austin dès ce dimanche, tout en exprimant une extrême prudence sur les questions de sécurité.
Avec cette nouvelle usine et sa stratégie offensive, Amazon entend bien rattraper son retard et s’imposer comme un acteur central du futur de la mobilité urbaine autonome. Mais dans une industrie aussi innovante que risquée, la route vers la domination du marché des robotaxis reste semée d’embûches.