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Le 5 mars 1946, l’ancien Premier ministre britannique Winston Churchill prononce un discours resté célèbre au Westminster College de Fulton, dans le Missouri. Devant un public attentif, et en présence du président américain Harry Truman, il met en garde contre l’expansionnisme soviétique en Europe de l’Est et utilise l’expression frappante de « rideau de fer », décrivant la séparation entre les pays occidentaux et ceux sous domination soviétique. Ce discours marque une rupture symbolique entre les Alliés de la Seconde Guerre mondiale et amorce une nouvelle ère de tensions : la guerre froide. Si l’expression existait déjà, c’est Churchill qui la popularise, donnant un cadre idéologique à l’affrontement latent entre les deux superpuissances, les États-Unis et l’URSS.

Une méfiance croissante envers l’URSS

Si Churchill, en tant que chef du gouvernement britannique, avait accepté de coopérer avec Staline contre Hitler, il s’inquiète dès la fin du conflit de l’influence grandissante de l’Union soviétique. Déjà, lors de la conférence de Yalta en février 1945, il perçoit le double jeu de son allié et comprend que l’Europe est en train de se diviser en deux blocs antagonistes. L’URSS impose progressivement des régimes communistes dans les pays qu’elle occupe, notamment en Pologne, en Roumanie et en Hongrie. Face à cette situation, Churchill appelle les pays de langue anglaise à s’unir contre la menace soviétique, dans une alliance qui se concrétisera quelques années plus tard avec la création de l’OTAN en 1949.

L’escalade vers un monde bipolaire

Dans un premier temps, son discours est accueilli avec scepticisme par l’opinion publique, encore marquée par les sacrifices de la guerre et peu encline à voir naître un nouveau conflit. Mais les événements lui donneront rapidement raison : en 1947, les États-Unis adoptent la doctrine Truman, visant à contenir l’expansion du communisme, et lancent le plan Marshall pour aider les pays européens à se reconstruire et à éviter qu’ils ne tombent sous influence soviétique. En réponse, l’URSS met en place le Pacte de Varsovie en 1955, cimentant ainsi la division de l’Europe en deux blocs opposés. Pendant plus de quarante ans, cette guerre froide définira les relations internationales, jusqu’à l’effondrement du bloc soviétique en 1989 et la chute du mur de Berlin.

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