À Romagne-sous-Montfaucon, dans la Meuse, 16 800 drapeaux rouges ondulent depuis le 16 mars sur un terrain marqué par les combats de la Première Guerre mondiale. Cette installation éphémère baptisée Drapeaux pour la paix, imaginée par Jean-Paul de Vries, propriétaire d’un musée local dédié à 14-18, matérialise le nombre vertigineux de vies perdues lors des conflits armés. Une façon, selon lui, de rendre palpable ce que les chiffres seuls ne parviennent pas à transmettre.
Les drapeaux, plantés sur 60 hectares de la vallée de la Robinette, rendent hommage non seulement aux soldats morts dans la Meuse, à une quarantaine de kilomètres de Verdun, mais aussi aux victimes de toutes les guerres passées ou actuelles. Leur rouge symbolise à la fois le sang versé et l’amour des proches pour ces hommes tombés au front. L’exposition, volontairement dépourvue de panneaux explicatifs, invite les visiteurs à se laisser porter par leurs émotions et leur imagination.
Construit en un an et demi avec le soutien d’élèves néerlandais, le projet permet aussi au public de parrainer un drapeau pour 2,50 euros. Jean-Paul de Vries espère que l’installation pourra voyager après sa clôture le 1er avril : il imagine ses fanions porteurs de paix déployés en Normandie, aux Pays-Bas ou encore sur d’autres lieux de mémoire comme Waterloo. Son musée, situé à proximité, abrite 300 000 objets collectés depuis son enfance, témoins concrets de l’horreur des combats et de la nécessité de ne jamais l’oublier.