L’Espagne et l’Argentine disputent ce dimanche la finale de la Coupe du monde 2026 au New York New Jersey Stadium. La Roja tente de décrocher une deuxième étoile, 16 ans après son premier sacre. Tenante du titre, l’Albiceleste vise une quatrième Coupe du monde et peut devenir la troisième nation à conserver son trophée après l’Italie, championne en 1934 et 1938, et le Brésil, sacré en 1958 et 1962. Avant ce nouveau rendez-vous, l’histoire du Mondial a été construite par des finales devenues légendaires. Des remontées impossibles, des buts inscrits dans les dernières minutes, des prolongations étouffantes, des décisions arbitrales controversées et des duels entre les plus grands joueurs de leur génération.
1954 : l’Allemagne renverse l’équipe que personne ne pouvait battre
La Hongrie arrive à Berne avec une équipe qui semble invincible. Ferenc Puskás, Sándor Kocsis, Zoltán Czibor et Nándor Hidegkuti ont dominé le football international pendant plusieurs années. Lors du premier tour, les Hongrois ont écrasé l’Allemagne de l’Ouest 8-3.
La finale paraît suivre le même chemin. Puskás ouvre le score dès la sixième minute, puis Czibor profite d’une erreur allemande pour porter l’avantage hongrois à 2-0 deux minutes plus tard. Le favori a déjà pris le contrôle du match. L’Allemagne réagit immédiatement. Max Morlock réduit l’écart à la dixième minute, avant qu’Helmut Rahn n’égalise à la 18e. La Hongrie domine ensuite, multiplie les occasions et se heurte au gardien Toni Turek ainsi qu’aux montants allemands. À la 84e minute, Rahn récupère le ballon à l’entrée de la surface, se remet sur son pied gauche et bat Gyula Grosics. Puskás pense égaliser peu après, mais son but est refusé pour hors-jeu. L’Allemagne de l’Ouest s’impose 3-2 et remporte la première Coupe du monde de son histoire.
Le « Miracle de Berne » reste l’un des plus grands renversements jamais observés en finale. La Hongrie, pourtant considérée comme la meilleure équipe de son époque, ne remportera jamais le trophée mondial.
1958 : Pelé devient roi du monde à 17 ans
Le Brésil n’a encore jamais été champion du monde lorsqu’il affronte la Suède, pays organisateur, au stade Råsunda. La finale commence mal pour la Seleção. Nils Liedholm donne l’avantage aux Suédois dès la quatrième minute.Vavá égalise cinq minutes plus tard, puis inscrit un deuxième but à la 32e minute. Le Brésil mène 2-1 à la pause avant de prendre définitivement le dessus en seconde période.
Pelé entre alors dans l’histoire. À la 55e minute, le jeune attaquant contrôle le ballon, le soulève au-dessus d’un défenseur et marque de volée. Mário Zagallo inscrit le quatrième but brésilien, puis Agne Simonsson réduit l’écart pour la Suède. Pelé conclut le festival dans les dernières secondes.
Le Brésil s’impose 5-2. À 17 ans et 249 jours, Pelé devient le plus jeune joueur à marquer dans une finale et le plus jeune champion du monde de l’histoire. Ces deux records tiennent toujours. Il remportera encore la compétition en 1962 et en 1970, devenant l’unique joueur sacré trois fois.
1966 : le triplé de Hurst et un but discuté depuis 60 ans
L’Angleterre dispute à Wembley la première finale mondiale de son histoire. L’Allemagne de l’Ouest ouvre le score à la 12e minute par Helmut Haller, mais Geoff Hurst égalise six minutes plus tard. Martin Peters donne l’avantage aux Anglais à la 78e minute. Le titre paraît acquis, mais Wolfgang Weber égalise à la 89e et envoie les deux équipes en prolongation.
À la 101e minute, Hurst frappe sous la barre. Le ballon rebondit au sol avant de ressortir. L’arbitre suisse Gottfried Dienst consulte son assistant Tofiq Bahramov, qui estime que le ballon a franchi la ligne. Le but est accordé malgré les protestations allemandes. Les images disponibles n’ont jamais permis de mettre définitivement fin à la controverse. Hurst inscrit un troisième but dans les dernières secondes. L’Angleterre s’impose 4-2 et décroche le seul titre mondial de son histoire. L’attaquant devient le premier joueur à réussir un triplé en finale de Coupe du monde. Il faudra attendre Kylian Mbappé, en 2022, pour revoir une telle performance.
1970 : le Brésil écrase l’Italie et touche à la perfection
Le Brésil et l’Italie ont déjà remporté deux Coupes du monde chacun lorsqu’ils se retrouvent au stade Azteca. Le vainqueur doit devenir la première nation triple championne du monde et conserver définitivement le trophée Jules-Rimet.
Pelé ouvre le score de la tête à la 18e minute. Roberto Boninsegna profite ensuite d’une erreur de la défense brésilienne pour égaliser à la 37e. La Seleção fait la différence en seconde période. Gérson redonne l’avantage au Brésil à la 66e minute. Jairzinho inscrit le troisième but cinq minutes plus tard. L’attaquant termine ainsi la compétition en ayant marqué lors de chacun des six matchs disputés par son équipe. À la 86e minute, le Brésil construit l’un des buts les plus célèbres de l’histoire. Après une longue circulation collective, Pelé attend la montée de Carlos Alberto et lui glisse le ballon. Le capitaine brésilien surgit lancé et frappe puissamment dans le petit filet.
Le Brésil gagne 4-1. Pelé soulève sa troisième Coupe du monde et devient définitivement l’un des visages du tournoi. Cette équipe de 1970 reste considérée comme l’une des plus impressionnantes jamais alignées dans la compétition.
1974 : les Pays-Bas marquent sans laisser l’Allemagne toucher le ballon
Les Pays-Bas de Johan Cruyff arrivent en finale après avoir imposé leur « football total » pendant toute la compétition. Face à l’Allemagne de l’Ouest, pays organisateur, les Néerlandais réussissent un début de match unique. Ils engagent, conservent le ballon et trouvent Cruyff, qui accélère vers la surface. Uli Hoeness le fauche. Johan Neeskens transforme le penalty après seulement 88 secondes, avant même qu’un joueur allemand ait touché le ballon. L’Allemagne ne s’effondre pas. Paul Breitner égalise sur penalty à la 25e minute, puis Gerd Müller marque le deuxième but allemand juste avant la pause. Les Pays-Bas poussent en seconde période, mais Sepp Maier et la défense allemande résistent. L’Allemagne s’impose 2-1 et décroche son deuxième titre mondial.
Cruyff et ses partenaires quittent la compétition sans le trophée. Leur jeu, leur pressing et leurs déplacements collectifs laisseront pourtant une empreinte profonde sur l’histoire du football.
1986 : Maradona trouve Burruchaga au bout du suspense
L’Argentine de Diego Maradona affronte l’Allemagne de l’Ouest au stade Azteca. José Luis Brown ouvre le score de la tête à la 23e minute. Jorge Valdano double l’avantage argentin à la 56e. À 2-0, l’Albiceleste paraît se diriger vers son deuxième titre mondial. L’Allemagne revient pourtant grâce à deux corners d’Andreas Brehme. Karl-Heinz Rummenigge réduit le score à la 74e minute, puis Rudi Völler égalise à la 81e.
L’Argentine vient de perdre en quelques minutes l’avance construite pendant plus d’une heure. La prolongation paraît inévitable. À la 84e minute, Maradona reçoit le ballon au milieu du terrain. Entouré de joueurs allemands, il trouve l’espace et lance Jorge Burruchaga dans la profondeur. L’attaquant résiste au retour de Hans-Peter Briegel et trompe Harald Schumacher. L’Argentine s’impose 3-2. Maradona ne marque pas en finale, mais délivre la passe du titre après avoir dominé la compétition. Il soulève la deuxième Coupe du monde de l’histoire de son pays.
1998 : Zidane terrasse le Brésil et offre sa première étoile à la France
Le 12 juillet 1998, la France affronte le Brésil au Stade de France. Les Bleus n’ont encore jamais remporté la Coupe du monde. La Seleção, championne en titre, aligne Ronaldo, Rivaldo, Bebeto, Roberto Carlos et Cafu.
La France prend l’avantage à la 27e minute. Sur un corner d’Emmanuel Petit, Zinédine Zidane s’élève au premier poteau et marque de la tête. Juste avant la pause, Youri Djorkaeff tire un nouveau corner. Zidane domine encore la défense brésilienne et inscrit son deuxième but.
Le Brésil tente de réagir en seconde période. La France se retrouve à dix après l’expulsion de Marcel Desailly à la 68e minute, mais Fabien Barthez et sa défense tiennent. Dans le temps additionnel, Patrick Vieira lance Emmanuel Petit, qui trompe Cláudio Taffarel. La France s’impose 3-0 et devient championne du monde pour la première fois.
Didier Deschamps soulève le trophée en tant que capitaine. Zidane, auteur d’un doublé dans le match le plus important de sa carrière internationale, devient le héros d’une soirée qui fait basculer le football français dans une autre dimension.
2006 : la dernière nuit de Zidane s’achève sur un coup de tête
Huit ans après le sacre de 1998, la France retrouve la finale à Berlin. Elle affronte une Italie qui n’a encaissé qu’un seul but contre son camp avant cette rencontre.
Zidane ouvre le score dès la septième minute. Sur penalty, le capitaine français tente une Panenka. Le ballon frappe la barre, rebondit derrière la ligne et ressort du but. Marco Materazzi égalise de la tête à la 19e minute. Le score reste à 1-1. En prolongation, Gianluigi Buffon détourne une tête puissante de Zidane qui prenait la direction de la lucarne. À la 110e minute, après un échange verbal, Zidane frappe Materazzi d’un coup de tête dans la poitrine. L’arbitre Horacio Elizondo l’expulse. Pour le dernier match de sa carrière, le Français quitte le terrain en passant devant le trophée.
La finale se décide aux tirs au but. Les cinq tireurs italiens marquent. David Trezeguet est le seul Français à échouer, sa frappe heurtant la barre. Fabio Grosso transforme la dernière tentative italienne. L’Italie s’impose 5-3 et remporte sa quatrième Coupe du monde.
2010 : Iniesta délivre l’Espagne à quatre minutes de la fin
L’Espagne et les Pays-Bas arrivent à Johannesburg sans avoir jamais été champions du monde. La finale est tendue, hachée et marquée par de nombreuses fautes. Arjen Robben obtient les deux meilleures occasions néerlandaises. Sur la plus nette, il se présente seul face à Iker Casillas. Le gardien espagnol repousse sa frappe du pied et maintient son équipe dans le match. Aucun but n’est marqué pendant le temps réglementaire. En prolongation, le défenseur néerlandais John Heitinga est expulsé après avoir reçu un deuxième carton jaune.
À la 116e minute, Cesc Fàbregas trouve Andrés Iniesta dans la surface. Le milieu espagnol contrôle et frappe sans laisser de chance à Maarten Stekelenburg. L’Espagne s’impose 1-0 et remporte la première Coupe du monde de son histoire. Après l’Euro 2008, la génération de Casillas, Xavi, Iniesta, David Villa, Carles Puyol et Sergio Busquets confirme sa domination sur le football international.
2014 : Götze brise le rêve de Messi au Maracanã
L’Allemagne et l’Argentine se retrouvent en finale au Maracanã, 24 ans après leur précédent duel pour le titre. Lionel Messi joue sa première finale mondiale. L’Allemagne cherche une quatrième étoile.
Gonzalo Higuaín profite d’une mauvaise remise allemande mais manque le cadre. Il marque quelques minutes plus tard, avant que son but ne soit logiquement refusé pour hors-jeu. Messi obtient également une possibilité en début de seconde période, sans parvenir à cadrer. Le score reste à 0-0 et les deux équipes doivent disputer la prolongation. À la 113e minute, André Schürrle déborde sur le côté gauche et centre vers Mario Götze. Entré en jeu à la place de Miroslav Klose, le jeune Allemand contrôle de la poitrine et reprend du pied gauche avant que le ballon ne touche le sol.
L’Allemagne s’impose 1-0. Elle remporte son quatrième titre mondial et devient la première sélection européenne sacrée lors d’une Coupe du monde organisée sur le continent américain. Messi reçoit le trophée du meilleur joueur du tournoi, mais quitte le Maracanã sans la Coupe. Il devra attendre huit ans pour prendre sa revanche sur l’histoire.
2018 : les Bleus dominent la Croatie et décrochent leur deuxième étoile
Le 15 juillet 2018, la France dispute à Moscou la troisième finale mondiale de son histoire. Face aux Bleus, la Croatie de Luka Modrić vient d’enchaîner trois prolongations contre le Danemark, la Russie et l’Angleterre.
Les Croates commencent mieux, mais la France ouvre le score à la 18e minute. Sur un coup franc d’Antoine Griezmann, Mario Mandžukić dévie le ballon de la tête dans son propre but. Il devient le premier joueur à marquer contre son camp lors d’une finale de Coupe du monde. Ivan Perišić égalise à la 28e minute d’une frappe croisée. Dix minutes plus tard, le même Perišić touche le ballon de la main dans sa surface. Après consultation de l’assistance vidéo, l’arbitre Néstor Pitana accorde un penalty à la France. Griezmann le transforme. La Croatie conserve le ballon et continue d’attaquer, mais les Bleus font la différence après la pause. À la 59e minute, Paul Pogba lance Kylian Mbappé dans la profondeur, accompagne l’action et récupère le ballon à l’entrée de la surface. Sa première frappe est contrée. Il reprend du pied gauche et porte le score à 3-1.
Six minutes plus tard, Lucas Hernandez sert Mbappé devant la surface. L’attaquant français frappe à ras de terre et bat Danijel Subašić. À 19 ans et 207 jours, il devient le premier adolescent à marquer en finale depuis Pelé en 1958. Mandžukić profite ensuite d’une erreur d’Hugo Lloris pour réduire le score à la 69e minute. La France ne tremble plus et s’impose 4-2.
Vingt ans après 1998, les Bleus décrochent leur deuxième étoile. Hugo Lloris soulève le trophée sous une pluie battante. Antoine Griezmann est élu meilleur joueur de la finale et Luka Modrić reçoit le Ballon d’or du tournoi.
Didier Deschamps devient le troisième homme à remporter la Coupe du monde comme joueur puis comme sélectionneur, après le Brésilien Mário Zagallo et l’Allemand Franz Beckenbauer. Capitaine en 1998, il conduit la nouvelle génération française au titre en 2018.
2022 : Messi et Mbappé livrent une finale devenue folle
Le 18 décembre 2022, l’Argentine et la France s’affrontent à Lusail. Lionel Messi cherche le seul grand trophée qui manque encore à sa carrière. Les Bleus peuvent devenir la première sélection à conserver la Coupe du monde depuis le Brésil en 1962.
L’Argentine domine complètement le début de la rencontre. Messi ouvre le score sur penalty à la 23e minute. Ángel Di María conclut ensuite une contre-attaque collective à la 36e. La France ne cadre aucun tir pendant une grande partie du match.
Tout bascule à la 80e minute. Kylian Mbappé transforme un penalty obtenu par Randal Kolo Muani. Moins de deux minutes plus tard, il échange avec Marcus Thuram et égalise d’une reprise de volée. La finale part en prolongation. À la 108e minute, Messi reprend un ballon repoussé par Hugo Lloris et redonne l’avantage à l’Argentine. Mbappé égalise encore à la 118e minute sur un nouveau penalty. Il devient le deuxième joueur à inscrire un triplé en finale après Geoff Hurst en 1966. À quelques secondes de la fin, Kolo Muani se présente seul face à Emiliano Martínez. Le gardien argentin repousse sa frappe de la jambe et maintient le score à 3-3.
Lors de la séance de tirs au but, Martínez arrête la tentative de Kingsley Coman. Aurélien Tchouaméni tire à côté. Gonzalo Montiel marque le penalty décisif. L’Argentine s’impose 4-2 et remporte sa troisième Coupe du monde.
Messi décroche enfin le titre mondial à 35 ans. Mbappé repart avec le Soulier d’or après avoir marqué huit buts dans le tournoi, dont trois en finale. Avec son but contre la Croatie en 2018, il devient également le joueur ayant inscrit le plus de buts en finales de Coupe du monde, avec quatre réalisations.
Espagne-Argentine doit maintenant écrire sa propre histoire
La finale de 2026 réunit deux sélections qui savent déjà ce que représente une dernière marche mondiale. L’Espagne n’avait encore atteint la finale qu’une seule fois, en 2010, et l’avait remportée. L’Argentine dispute une deuxième finale consécutive et peut devenir la première équipe depuis le Brésil de Pelé à conserver son titre. Lionel Messi peut soulever une deuxième Coupe du monde quatre ans après son sacre contre la France. L’Espagne peut ajouter une deuxième étoile à son maillot et confirmer le retour d’une sélection déjà championne d’Europe.