Produits « dangereux » : la DGCCRF serre la vis sur Shein, Temu et AliExpress
Produits « dangereux » : la DGCCRF serre la vis sur Shein, Temu et AliExpress

Acheter à petit prix, oui. Acheter les yeux fermés, non. Selon un bilan de la DGCCRF publié mercredi 29 avril, près de la moitié des produits contrôlés sur des plateformes étrangères comme Shein, Temu ou AliExpress présentent un danger pour les consommateurs. Le chiffre claque: 46% des articles testés sont jugés « dangereux » et 75% « non conformes ». Résultat immédiat, plus de 100 000 produits ont fait l’objet d’une alerte et doivent être retirés de la vente, l’administration appelant les acheteurs « à la vigilance ».

Depuis avril 2025, les enquêteurs ont procédé comme des clients ordinaires, ces « clients mystères » qui remplissent leur panier sans badge apparent. Avant la commande, les contrôles ont ciblé les offres trompeuses, les informations trop maigres et les défauts d’étiquetage. Après la livraison, place au laboratoire: 650 références, jouets, vêtements, bijoux et appareils, ont été passées au crible. Un travail patient, presque artisanal, pour documenter ce que l’écran ne montre pas.

VigE-commerce, la riposte de Bercy

Le tableau des risques est concret, donc gênant. La DGCCRF pointe des vêtements ou bijoux contenant des contaminants chimiques comme le cadmium, des jouets pouvant provoquer étouffement ou ingestion de piles, des appareils électriques défectueux. Les produits de coiffure se distinguent nettement: 73% des articles testés sont classés comme dangereux, avec des sèche-cheveux et des lisseurs susceptibles de déclencher un départ de feu. Là, on n’est plus dans la petite déception à l’ouverture du colis, on parle de sécurité au quotidien, dans une salle de bains, dans une chambre d’enfant.

À Bercy, le diagnostic est sévère: les risques pour la santé et la sécurité seraient « généralisés » et l’absence de contrôle par les plateformes, « systémique ». Un conseiller du ministère évoque « la première fois » que les services se retrouvent face à des plateformes contournant « à ce point les règles ». Le gouvernement annonce la création d’une cellule interministérielle de surveillance, VigE-commerce, réunissant une trentaine d’agents issus notamment de la DGCCRF, de la Direction générale de la Santé et des finances publiques, avec la promesse d’appliquer le droit « avec énormément de célérité » si les manquements persistent.

Reste le nerf de la guerre: tenir dans la durée face à un commerce qui change de vitrine aussi vite qu’il renouvelle ses catalogues. Les plateformes jouent la masse, la vitesse et l’opacité, tandis que l’État répond par le contrôle, les retraits et la menace de sanctions, un duel asymétrique mais désormais assumé. Pour le consommateur, le réflexe de prudence revient sur le devant de la scène, au moment même où le clic est devenu un geste machinal, et où la tentation du « pas cher » continue de faire tourner la machine.

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