Gaz : la facture des ménages pourrait grimper de 317 euros d’ici 2030
Gaz : la facture des ménages pourrait grimper de 317 euros d’ici 2030

Attention aux chiffres qui piquent. Une étude publiée mercredi 29 avril par le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) alerte sur une hausse marquée du prix du gaz en France, avec une facture annuelle qui pourrait augmenter de 317 euros d’ici 2030 par rapport à 2024. Dans le viseur, un mécanisme discret mais redoutable: ce n’est pas seulement le prix de la molécule qui compte, c’est toute l’addition, du réseau aux taxes, qui se met à enfler.

Derrière cette projection, les auteurs évoquent une augmentation de 53% des prix en France, liée à la montée des redevances de réseau et des taxes carbone, tandis que la consommation reculerait dans le même temps de 61% d’ici 2030 par rapport à 2024. Le calcul a sa logique, presque mécanique: moins de foyers raccordés, moins de volumes transportés, mais des canalisations et des postes à entretenir quand même. Résultat, le coût fixe se répartit sur moins de monde, et la facture unitaire grimpe.

Moins de gaz consommé, réseau plus cher: le paradoxe qui inquiète

C’est là que le sujet devient politique au sens concret du terme, celui qui arrive dans la boîte aux lettres. L’étude souligne que 27% de la hausse viendrait à elle seule des charges d’entretien du réseau, et que les ménages qui resteraient le plus longtemps au gaz seraient souvent ceux qui ont le moins de marges pour basculer vers d’autres solutions de chauffage. Autrement dit, le risque d’une transition énergétique à deux vitesses, avec les plus aisés qui sortent du réseau et les plus modestes qui en paient l’addition.

Les associations participantes plaident pour une répartition jugée plus équitable des coûts, des aides ciblées et des alternatives rendues plus accessibles, afin d’éviter que la facture ne devienne un couperet social. Le contexte français n’est pas neutre: depuis la fin des tarifs réglementés du gaz en 2023, les ménages sont davantage exposés aux offres de marché, même si un prix repère public sert de boussole. Et dans une Europe plus dépendante du GNL qu’avant 2022, la volatilité mondiale n’a pas disparu, elle a changé de visage.

Face à cette étude, la ministre chargée de l’Énergie, Maud Bregeon, a temporisé: « Arriver à anticiper quelle sera l’évolution du marché du gaz à horizon 3, 4, 5 ans c’est impossible », tout en rappelant la priorité donnée à la décarbonation et au plan d’électrification via la programmation énergétique en préparation. Le décor est planté: un réseau à financer, des ménages à protéger, une trajectoire climatique à tenir. Reste à voir si la transition saura avancer sans laisser, au bord du chemin, ceux qui n’ont ni les moyens de rénover ni ceux de changer de chaudière.

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