Présidentielle: François Ruffin avance en solo et se frotte déjà au mur des parrainages
Présidentielle: François Ruffin avance en solo et se frotte déjà au mur des parrainages

Dans la gauche éclatée façon puzzle depuis 2022, François Ruffin se taille une place à part, quitte à marcher sur les plates-bandes de ses anciens camarades. Le député de la Somme, longtemps identifié à La France insoumise, revendique désormais une gauche « souverainiste » et un ancrage dans le monde du travail, deux marqueurs qu’il brandit comme un sésame auprès d’un électorat populaire que tout le monde convoite et que peu retiennent. Il grimpe en visibilité, lentement mais sûrement, avec cette idée en tête, possible mais pas encore proclamée: l’Élysée.

Ce qui frappe, chez Ruffin, c’est la mise en scène assumée d’un candidat qui refuse le meeting classique et ses applaudissements programmés. Il préfère des réunions publiques présentées comme des « entretiens d’embauche »: lui se décrit en postulant à un « CDD de 5 ans » et laisse des soignants, des ouvriers, des demandeurs d’emploi jouer les recruteurs. « Les vrais patrons, ce sont les gens », fait-il valoir, une formule efficace, presque publicitaire, qui sonne comme une piqûre de rappel à une gauche souvent accusée de parler d’en haut.

Un « CDD de 5 ans » face au couperet des 500 signatures

Un « CDD de 5 ans » face au couperet des 500 signatures Reste que la politique, même racontée avec talent, commence par un rite très concret: les 500 parrainages d’élus. Pour un candidat sans appareil puissant ni réseau municipal déjà huilé, c’est souvent là que l’histoire se grippe, parfois sans bruit, parfois au grand jour. La publicité des signatures et les équilibres locaux transforment chaque promesse en sujet sensible, surtout quand le rapport de force interne à gauche se joue au couteau entre insoumis, socialistes, écologistes et communistes. Les parrainages deviennent alors un baromètre, moins de notoriété que d’implantation réelle.

Et puis il y a la caisse. Une campagne présidentielle réclame un budget, des équipes, une levée de fonds, avec en arrière-plan la mécanique du remboursement public qui dépend du score final. Ruffin avance donc sur une ligne étroite: garder l’allure de l’outsider libre, tout en bâtissant, pièce par pièce, ce qui ressemble à une machine de candidat. Son pari est observé de près, entre tentation de partir seul et recherche d’un cadre commun pour éviter la dispersion au premier tour, un vieux refrain à gauche qui revient à chaque présidentielle, comme une horloge qui sonne trop tard.

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