Né le 19 février 1946 à Buenos Aires, Luis Puenzo s’est imposé comme l’une des voix les plus singulières du cinéma argentin. Réalisateur, scénariste et producteur, il a construit une filmographie intimement liée aux convulsions politiques de son pays et de son époque, avant de s’éteindre le 21 avril 2026 dans sa ville natale. Retour sur les œuvres qui ont forgé sa réputation.
L’Histoire officielle, le film qui a tout changé
C’est après un premier long-métrage destiné à la jeunesse en 1973 et plusieurs années consacrées à la publicité que Puenzo signe en 1985 le film de sa vie. Coécrit avec la scénariste Aída Bortnik, L’Histoire officielle plonge dans les dernières années de la dictature militaire argentine (1976-1983) pour interroger la responsabilité de ceux qui affirmaient ignorer les crimes du régime. Au cœur du récit : les enfants nés en captivité et soustraits à leurs mères, et le combat des Mères de la place de Mai pour les retrouver. Le film triomphe sur la scène internationale — Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1986, Golden Globe, et prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes pour Norma Aleandro. Lors de la cérémonie des Oscars, qui se tenait le 24 mars 1986, soit dix ans jour pour jour après le coup d’État militaire de 1976, Puenzo avait pris la parole depuis la scène pour déclarer : « Nous n’oublierons jamais ce cauchemar ».
Old Gringo et La Peste, deux ambitions internationales
Porté par le succès mondial de L’Histoire officielle, Puenzo se tourne vers des coproductions d’envergure. En 1989, Old Gringo l’emmène aux États-Unis pour une fresque sur la révolution mexicaine, adaptée du roman de Carlos Fuentes, avec Jane Fonda et Gregory Peck à l’affiche. Puis en 1992, il s’attaque à un défi littéraire de taille en portant à l’écran La Peste, inspirée du roman du prix Nobel français Albert Camus, avec William Hurt, Robert Duvall et Sandrine Bonnaire. En parallèle de sa carrière de cinéaste, Puenzo a également œuvré pour structurer son industrie : artisan de la loi sur le cinéma adoptée en Argentine en 1994, il a aussi présidé l’Institut national du cinéma et des arts audiovisuels du pays. Il était le père de la réalisatrice Lucía Puenzo.
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