Les députés recalibrent la programmation militaire, 36 milliards de plus d'ici 2030
Les députés recalibrent la programmation militaire, 36 milliards de plus d'ici 2030

Ce lundi 4 mai, l’Assemblée nationale remet sur la table une loi votée en 2023 mais déjà rattrapée par l’actualité stratégique. « Le monde se durcit tout autour de nous », a résumé la ministre des Armées, Catherine Vautrin, en défendant une actualisation de la Loi de programmation militaire à l’horizon 2030. À la clé, 36 milliards d’euros supplémentaires pour porter l’enveloppe à 436 milliards. Le cap affiché est limpide, aller plus vite, frapper plus fort, tenir plus longtemps, dans une Europe où la guerre en Ukraine s’installe et où le Proche et le Moyen-Orient rappellent, brutalement, que les conflits modernes ne préviennent pas.

Accélérer les achats, remplir les stocks, sans changer le format des armées

Derrière les formules, il y a des lignes budgétaires très concrètes et un mot qui revient comme un refrain dans les couloirs, munitions. Sans modifier le format des armées, le texte martèle l’idée d’endurance, cette capacité moins spectaculaire que les grands programmes mais décisive quand la durée s’impose, stocks, maintien en condition, montée en cadence industrielle. L’exécutif veut aussi raccourcir les délais, simplifier des procédures, pousser une sorte d’économie de guerre à la française où l’administration s’autorise moins de lenteur et l’industrie davantage de volume. Le texte, soutenu en commission par le bloc central et les socialistes, avance donc sur une ligne étroite, moderniser sans tout refonder, accélérer sans promettre l’impossible.

Reste le nerf politique, et ses aspérités. La création d’un « état d’alerte de sécurité nationale », qui autoriserait des dérogations à certaines règles (construction, expropriation, environnement) en cas de « menace grave », inquiète une partie de la gauche qui redoute un régime d’exception aux contours jugés flous. Autre sujet sensible, l’extension de moyens anti-drones, avec la possibilité pour certains opérateurs comme les aéroports de neutraliser des appareils, y compris via des sous-traitants, sur fond d’incursions qui ont déjà paralysé du trafic en Europe. Et puis plane déjà 2027, année présidentielle, avec l’idée qu’un futur chef de l’État pourrait vouloir sa propre loi, preuve que la France accélère… tout en regardant l’horloge politique tourner.

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