Washington appelle l’ASEAN à résister à la Chine dans la mer de Chine méridionale(Hasnoor Hussainl/Pool Photo via AP)
Washington appelle l’ASEAN à résister à la Chine dans la mer de Chine méridionale(Hasnoor Hussainl/Pool Photo via AP)

En visite en Malaisie, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a exhorté samedi les pays d’Asie du Sud-Est à renforcer leurs capacités maritimes face aux actions « déstabilisatrices » de la Chine dans la mer de Chine méridionale. S’exprimant devant ses homologues de l’ASEAN, il a dénoncé les provocations répétées de Pékin, notamment les abordages de navires et l’usage de canons à eau contre les bâtiments des pays voisins. « Nous voulons la paix, pas le conflit, mais la Chine ne doit dominer ni vous ni personne », a-t-il déclaré.

La région reste l’un des points de tension les plus explosifs d’Asie. Pékin revendique presque toute la mer de Chine méridionale, au grand dam des Philippines, du Vietnam, de la Malaisie et du Brunei, qui possèdent eux aussi des zones côtières contestées. Hegseth a fustigé la décision chinoise de transformer le récif de Scarborough (pris aux Philippines en 2012) en « réserve naturelle », y voyant une tentative de légitimer de nouvelles revendications. Il a appelé l’ASEAN à accélérer la conclusion du Code de conduite en négociation avec Pékin et proposé la création d’un réseau de surveillance maritime commun pour renforcer la coordination régionale.

Un double discours entre fermeté et apaisement

Quelques heures après son discours offensif, Hegseth a toutefois adopté un ton plus conciliant sur le réseau X, affirmant que les relations sino-américaines « n’ont jamais été aussi bonnes ». Il a annoncé la mise en place de canaux de communication militaire directe entre Washington et Pékin, saluant une volonté commune de préserver « la paix, la stabilité et de bonnes relations » entre les deux puissances. Selon lui, cette détente s’inscrit dans le sillage de la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping en Corée du Sud, présentée comme « un tournant vers une paix durable ».

Ces déclarations contradictoires traduisent, selon l’analyste politique Bridget Welsh, « deux courants opposés » au sein de la diplomatie américaine : l’un perçoit la Chine comme un rival stratégique à contenir, l’autre comme un partenaire nécessaire à ménager.

Pékin dénonce une ingérence américaine et accuse Manille de provocation

La Chine, de son côté, a rejeté les critiques américaines et accusé Washington de « semer la discorde » dans la région par sa présence militaire. Samedi, l’armée chinoise a vivement réagi aux exercices conjoints menés dans la mer de Chine méridionale par les Philippines, les États-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, les qualifiant de « menace pour la stabilité régionale ». Pékin a dénoncé Manille comme le « principal fauteur de troubles » dans le différend maritime.

Entre fermeté militaire et diplomatie prudente, Washington tente désormais de rassurer ses alliés asiatiques tout en évitant une escalade directe avec la Chine, un équilibre de plus en plus fragile dans l’une des zones les plus disputées du globe.

Que retenir rapidement ?

En visite en Malaisie, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a exhorté samedi les pays d’Asie du Sud-Est à renforcer leurs capacités maritimes

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