Séoul veut tourner la page des tensions avec Pékin et vise une normalisation complète des relations en 2026 (AP)
Séoul veut tourner la page des tensions avec Pékin et vise une normalisation complète des relations en 2026 (AP)

Le président sud-coréen Lee Jae Myung a déclaré lundi à Pékin vouloir ouvrir une « nouvelle phase » dans les relations avec la Chine, affirmant que 2026 devait marquer le rétablissement « plein et entier » des liens entre les deux pays. Cette déclaration est intervenue à l’issue de sa rencontre avec le président chinois Xi Jinping, lors de son premier déplacement officiel en Chine depuis son entrée en fonction en juin.

« Ce sommet sera une occasion importante de faire de 2026 l’année de la reprise complète des relations entre la Corée et la Chine », a affirmé Lee, se disant convaincu que la coopération et le partenariat stratégique entre les deux pays pouvaient devenir une dynamique « irréversible ». Il s’agissait de la deuxième rencontre entre les deux dirigeants en seulement deux mois, signe, selon les analystes, de l’intérêt marqué de Pékin pour un rapprochement avec Séoul.

Cette visite intervient dans un contexte régional tendu. Quelques heures avant l’arrivée de Lee à Pékin, la Corée du Nord a procédé à au moins deux tirs de missiles balistiques, les premiers depuis deux mois. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a justifié ces essais par la nécessité de maintenir une dissuasion nucléaire forte, rappelant la fragilité de l’environnement sécuritaire en Asie du Nord-Est.

De son côté, Xi Jinping a déclaré que la Chine et la Corée du Sud devaient faire des « choix stratégiques judicieux » et assumer leurs « responsabilités importantes dans la préservation de la paix régionale ». Selon certains experts sud-coréens, ces propos suggèrent que Pékin souhaite voir Séoul adopter une position plus alignée sur celle de la Chine, notamment sur la question de Taïwan et sur la réaction internationale à la capture par les États-Unis du président vénézuélien Nicolas Maduro.

Sur le plan économique, la visite a été marquée par la signature de 15 accords de coopération, selon les médias sud-coréens et chinois. Par ailleurs, des entreprises des deux pays ont conclu neuf accords distincts, impliquant notamment Alibaba International, Lenovo et le distributeur sud-coréen Shinsegae, illustrant la volonté de relancer les échanges commerciaux et industriels.

Lee Jae Myung, élu lors d’élections anticipées en juin, cherche à renforcer l’alliance avec les États-Unis sans s’aliéner la Chine, tout en réduisant les tensions avec Pyongyang. Il a mis en avant des perspectives de coopération dans des secteurs tels que l’intelligence artificielle, les biens de consommation et les contenus culturels, allant des films à la musique et aux jeux.

Toutefois, des limites subsistent. Le chef de cabinet présidentiel sud-coréen a indiqué que Pékin ne lèverait probablement pas à court terme son interdiction non officielle sur la diffusion de la culture coréenne. Malgré cela, Séoul et Pékin entendent profiter de cette visite pour approfondir le dialogue sur les chaînes d’approvisionnement, l’économie numérique et les échanges culturels, dans l’espoir de consolider durablement leur relation bilatérale.

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