Un rapport publié lundi affirme que l’armée birmane a systématiquement détruit des villages rohingyas, ainsi que des mosquées et cimetières, afin d’y construire des infrastructures sécuritaires, dont des postes militaires. Ce document, appuyé par l’ONU, apporte de nouvelles preuves de la répression subie par cette minorité musulmane, expulsée massivement de l’État de Rakhine en 2017.
L’enquête décrit une stratégie délibérée de l’armée visant à effacer les traces des communautés rohingyas et à consolider sa présence dans la région. Selon les auteurs, des entreprises privées auraient contribué à ces opérations de démolition, accentuant le caractère organisé et planifié de la campagne.
L’armée birmane, pour sa part, continue de nier toute intention génocidaire, affirmant que ses actions dans l’État de Rakhine relevaient d’opérations de sécurité contre des groupes rebelles. Ces dénégations se heurtent toutefois à une accumulation de témoignages et de documents attestant d’exactions à grande échelle.
Le rapport souligne également que l’Instance indépendante d’enquête pour le Myanmar (IIMM), chargée par l’ONU de recueillir des preuves en vue de futures poursuites judiciaires, est confrontée à des coupes budgétaires qui compliquent son travail. Cette situation menace la capacité à préserver et analyser les éléments nécessaires pour juger les responsables présumés de crimes contre l’humanité.
Plus de 700 000 Rohingyas avaient fui vers le Bangladesh en 2017 pour échapper aux violences, trouvant refuge dans des camps de fortune à Cox’s Bazar. Huit ans plus tard, la perspective d’un retour sûr et volontaire demeure très incertaine, alors que le Myanmar est accusé de vouloir effacer toute trace de leur existence dans leur région d’origine.
Que retenir rapidement ?
Un rapport publié lundi affirme que l’armée birmane a systématiquement détruit des villages rohingyas, ainsi que des mosquées et cimetières, afin d’y const