Raghu Rai s’est éteint le dimanche 26 avril 2026, à l’âge de 83 ans. Sa famille a annoncé son décès dans un communiqué exprimant « une profonde tristesse ». Né dans un village du Pendjab pakistanais avant la partition du sous-continent indien, cet ingénieur en construction de formation avait découvert la photographie il y a six décennies grâce à son frère, lui-même photographe. Sa première image publiée — un âne regardant droit dans son objectif — paraissait dans The Times de Londres, selon le journal Indian Express. Rien ne laissait présager qu’il allait devenir l’un des plus grands photographes de son temps.
Bhopal, le Bangladesh, Mère Teresa : une vie à documenter l’Inde dans toute sa complexité
Après ses débuts dans le photojournalisme dans les années 1960 et 1970, aux côtés des grands médias de l’époque, Raghu Rai s’est lancé en solo dans une quête qui allait occuper toute sa vie : représenter la complexité de son vaste pays. Ses œuvres les plus marquantes incluent sa couverture de la guerre d’indépendance du Bangladesh en 1971 et, surtout, sa documentation de la catastrophe industrielle de Bhopal en 1984 — une fuite de gaz qui fit environ 25 000 morts, la pire de l’histoire de l’Inde. Ses portraits intimistes de Mère Teresa comptent également parmi ses travaux les plus célèbres, tout comme ses séries sur le Taj Mahal et les masses populaires indiennes. Il a publié des dizaines de livres photographiques au fil de sa carrière. « Je ne peux jamais être fidèle à mes expériences sans un appareil photo », avait-il un jour déclaré.
Membre de Magnum introduit par Cartier-Bresson, une reconnaissance mondiale
C’est Henri Cartier-Bresson en personne qui l’avait introduit au sein de Magnum Photos, la coopérative new-yorkaise qui réunit les plus grands noms du photojournalisme mondial. Raghu Rai avait reçu en 1972 le Padma Shri, l’une des plus hautes distinctions civiles de l’Inde, et remporté le tout premier Prix de photographie de l’Académie des beaux-arts. À l’annonce de sa mort, le politicien et parlementaire Shashi Tharoor a rendu hommage au « visionnaire qui a capturé le cœur et l’âme palpitants de l’Inde », tandis que Rahul Gandhi, chef de l’opposition, déclarait à l’AFP : « Il ne faisait pas que prendre des photos, il préservait la mémoire de notre nation. »
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