Biennale de Venise 2026 : près de 3 000 manifestants et une douzaine de pavillons fermés contre la participation d'Israël
Biennale de Venise 2026 : près de 3 000 manifestants et une douzaine de pavillons fermés contre la participation d'Israël

La 61e Biennale de Venise s’est ouverte dans une atmosphère de tension inédite depuis des décennies. Le vendredi 8 mai, veille de l’ouverture au public, près de 3 000 manifestants se sont rassemblés via Garibaldi, entre l’arsenal et les Giardini, à l’appel du collectif Art Not Genocide Alliance (Anga). Artistes, curateurs et travailleurs culturels brandissaient drapeaux palestiniens et slogans, « No art washing ! », « Stop al Padiglione genocidio », pour exiger l’exclusion du pavillon israélien. Du jamais-vu depuis les manifestations de 1968, selon Beaux Arts Magazine. Le même jour, une douzaine de pavillons nationaux ont fermé leurs portes, certains pour la journée entière, d’autres partiellement : la Belgique, les Pays-Bas, l’Autriche, le Japon, la Macédoine et la Corée sont restés fermés toute la journée ; la France, l’Espagne, le Royaume-Uni, la Finlande, l’Égypte et le Luxembourg ont fermé ou rouvert selon les disponibilités de leur personnel.

Un jury démissionnaire, des œuvres occultées, les Pussy Riot contre la Russie

Cette journée de grève s’inscrit dans un contexte de contestation généralisée. Le 30 avril, le jury de la Biennale, chargé de remettre les Lions d’or et d’argent, avait démissionné en bloc, refusant d’examiner les candidatures de pays dont les dirigeants font l’objet de mandats d’arrêt internationaux, ce qui excluait de facto Israël et la Russie. Le 6 mai, le collectif Pussy Riot, rejoint par des membres des Femen, avait organisé une action flash devant le pavillon russe, contraignant à sa fermeture temporaire. Au sein de la biennale elle-même, des dizaines d’œuvres ont été volontairement occultées par leurs auteurs, qui y ont apposé tracts, affiches et slogans sur Gaza. Tabita Rezaire a accroché un drapeau palestinien sur son œuvre, et plusieurs pavillons affichaient à l’extérieur : « La Palestine est l’avenir du monde. » Le gouvernement britannique a de son côté refusé d’envoyer un ministre pour l’inauguration de son pavillon, invoquant la présence de la Russie dans les Giardini.

Des travailleurs culturels mobilisés malgré les pressions

Parmi les manifestants, de nombreux employés de la Biennale avaient rejoint le mouvement malgré diverses « injonctions et intimidations » de leur employeur, selon Beaux Arts Magazine. Des représentants de petits syndicats ont pris la parole sous les applaudissements, dénonçant « l’artwashing » et « la légitimation de criminels de guerre ». Anga avait en mars adressé une lettre aux instances dirigeantes de la Biennale, signée par plus de 200 personnes dont une centaine d’artistes représentés et une quarantaine de curateurs, elle était restée sans réponse.

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