Sarajevo étouffe sous le smog et impose des mesures d’urgence après un record mondial de pollution (AP)
Sarajevo étouffe sous le smog et impose des mesures d’urgence après un record mondial de pollution (AP)

Les autorités de Sarajevo ont annoncé mercredi une série de mesures exceptionnelles pour améliorer la qualité de l’air, après que la capitale de la Bosnie-Herzégovine a été classée ville la plus polluée du monde durant deux soirées consécutives par la société suisse de surveillance de l’air IQAir. La situation est jugée dangereuse pour la santé des quelque 350 000 habitants de la ville.

Un épais brouillard mêlé de smog s’est installé sur Sarajevo après plusieurs jours de conditions météorologiques défavorables, entraînant une forte concentration de polluants atmosphériques. Face à cette dégradation, le gouvernement cantonal a émis une alerte sanitaire et déclenché des restrictions immédiates pour tenter de limiter les émissions.

La circulation des camions de plus de 3,5 tonnes a été interdite, tout comme celle des voitures et poids lourds ne respectant pas les normes environnementales de l’Union européenne. Les autorités ont également suspendu les travaux de construction en plein air et interdit les rassemblements publics extérieurs, afin de réduire l’exposition de la population à l’air pollué.

Selon les experts, la pollution hivernale à Sarajevo est largement liée au chauffage domestique. Environ 40 000 foyers utilisent principalement le bois et le charbon pour se chauffer, des sources fortement émettrices de particules fines. Le trafic routier constitue l’autre facteur majeur, avec près de 180 000 véhicules immatriculés dans la capitale.

Les efforts pour moderniser les systèmes de chauffage restent limités. « Seuls 500 foyers ont reçu des cuisinières à gaz grâce à l’aide internationale », a souligné Anes Podić, de l’organisation environnementale Eko Akcija, illustrant l’ampleur des défis à relever pour réduire durablement la pollution.

La Bosnie-Herzégovine affiche déjà l’un des taux de mortalité liés à la pollution de l’air les plus élevés d’Europe, selon les données de santé publique. Les autorités locales reconnaissent que les mesures d’urgence ne constituent qu’une réponse temporaire et que des investissements structurels seront nécessaires pour éviter que Sarajevo ne se retrouve à nouveau au sommet des classements mondiaux de pollution.

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