Plus de 700 morts en quatre ans dans le sud-est du Nigeria à cause des manifestations séparatistes, selon un rapport
Plus de 700 morts en quatre ans dans le sud-est du Nigeria à cause des manifestations séparatistes, selon un rapport

Un nouveau rapport du cabinet nigérian de conseil en renseignement SBM Intelligence révèle que les ordres de confinement hebdomadaires imposés par le groupe séparatiste interdit IPOB (Indigenous People of Biafra) dans le sud-est du Nigeria ont causé la mort de plus de 700 personnes au cours des quatre dernières années. Cette politique de sit-in, initialement instaurée pour exiger la libération de leur chef emprisonné, a semé un climat de peur et gravement perturbé l’économie locale.

Classé comme organisation terroriste par les autorités nigérianes, l’IPOB milite pour la création d’un État indépendant du Biafra dans cette région majoritairement habitée par l’ethnie Igbo. Depuis août 2021, le groupe impose des confinements tous les lundis ainsi que les jours où son leader, Nnamdi Kanu, comparaît devant un tribunal à Abuja pour des accusations de terrorisme.

Le rapport de SBM accuse l’IPOB de recourir à des moyens violents pour faire respecter ses ordres : incendies criminels, pillages et assassinats ciblés. Il indique également que la majorité des habitants respectent les consignes non pas par conviction, mais par crainte. Le taux de respect des ordres de sit-in est ainsi passé de 82,6 % en 2021 à seulement 29 % aujourd’hui.

L’IPOB, de son côté, a démenti toute responsabilité dans les violences, accusant des éléments criminels recrutés par le gouvernement de chercher à salir sa réputation. Le gouvernement fédéral n’a pas commenté les accusations.

Malgré l’annonce par l’IPOB de la suspension des sit-ins réguliers sur ordre de Kanu, plusieurs factions du groupe continuent à les imposer par la force. Des attaques ont visé des bâtiments publics et des civils considérés comme proches du gouvernement. Les forces de sécurité nigérianes ont pointé l’IPOB du doigt dans plusieurs incidents meurtriers récents, accusations rejetées par l’organisation.

Au-delà du lourd bilan humain, le rapport souligne également l’impact économique catastrophique de ces confinements répétés. Les pertes subies par la région du sud-est du Nigeria dépasseraient les 7 600 milliards de nairas, soit environ 4,8 milliards de dollars, selon les estimations de SBM.

Cette situation fait écho aux douloureux souvenirs de la guerre du Biafra (1967-1970), qui avait fait plus d’un million de morts dans la région. Le retour de telles tensions met en lumière la persistance des fractures historiques et la complexité du défi séparatiste au Nigeria.

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