Le Burkina Faso a fermement refusé une proposition des États-Unis visant à accueillir des migrants expulsés dans le cadre de la vaste campagne de répression de l’immigration menée par le président Donald Trump, a annoncé le gouvernement burkinabé vendredi.
Alors que Washington cherche à accélérer les expulsions de migrants en situation irrégulière, y compris vers des pays tiers d’Afrique, le Burkina Faso a indiqué avoir été approché à plusieurs reprises par l’administration américaine, sans donner suite.
« Le Burkina Faso n’est pas une terre de déportation », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Karamoko Jean-Marie Traoré sur la chaîne nationale. Il a qualifié la demande américaine d’« indigne et d’indécente », affirmant que son pays refusait de servir de « destination de relégation » pour des étrangers considérés comme indésirables par d’autres nations.
Cette prise de position contraste avec celle du Ghana, voisin du Burkina Faso, qui a accepté en septembre d’accueillir certains ressortissants d’Afrique de l’Ouest expulsés des États-Unis.
M. Traoré a rappelé que le Burkina Faso venait tout juste de supprimer les frais de visa pour tous les citoyens africains, une mesure présentée comme un signe d’ouverture et de solidarité continentale. Mais il a tenu à préciser que cette hospitalité « ne doit pas être perçue comme une opportunité pour un pays tiers de se débarrasser de certaines populations qu’il considère comme indésirables ».
Cette déclaration s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre plusieurs pays africains et Washington, au moment où les États-Unis cherchent à conclure des accords bilatéraux pour faciliter le renvoi massif de migrants sans papiers, un pilier central de la politique migratoire de Trump.