Un collectif d’organisations non gouvernementales kenyanes a adressé une plainte au Fonds monétaire international (FMI), accusant le gouvernement du président William Ruto d’avoir aggravé la pauvreté et les inégalités sociales tout en alourdissant la dette nationale.
Dans un rapport remis à la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, lundi à Washington, les ONG estiment que la politique économique de Nairobi « attise la crise sociale et budgétaire » en privilégiant les exigences de remboursement et de stabilité financière au détriment du bien-être des citoyens.
Le gouvernement Ruto, qui négocie un nouveau programme de financement avec le FMI, affirme avoir évité un défaut de paiement majeur, mais la population dénonce la hausse des impôts, la baisse du pouvoir d’achat et l’incapacité de l’État à maîtriser la spirale de l’endettement.
Selon le rapport, « la mauvaise gouvernance budgétaire du Kenya s’est transformée en un système de risque multidimensionnel, où la fragilité macroéconomique, la dégradation de la gouvernance et l’instabilité sociale se renforcent mutuellement ».
Le texte évoque notamment les manifestations de jeunes contre la fiscalité, survenues l’an dernier, comme symptôme d’un profond malaise social. Les ONG appellent le FMI à reconsidérer son soutien inconditionnel au gouvernement kenyan et à exiger davantage de transparence et de justice fiscale.
Interrogé par Reuters, Chris Kiptoo, secrétaire principal au ministère des Finances, a déclaré ne pas pouvoir commenter le contenu du rapport, qu’il n’avait pas encore lu. De son côté, le FMI a confirmé avoir mené un diagnostic de gouvernance au Kenya, dont les conclusions devraient être partagées avec le gouvernement avant la fin de l’année.